© SNFGE, 2001
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Posters

Mardi 27 mars 2001
Posters
PB01

RADIOTHERAPIE HYPERFRACTIONNEE ET CHIMIOTHERAPIE CONCOMITANTE DANS LE CANCER DE L'OESOPHAGE LOCALISE INOPERABLE : ETUDE DE FAISABILITE

 

(1) V Boige, (1) J Kac, (1) M Ducreux, (2) JP Metges, (2) T Girinsky , (3) A Rey, (4) D Elias, (4) P Lasser
(1) Service de Gastroentérologie, Institut Gustave Roussy, Villejuif
(2) Département de radiothérapie, Institut Gustave Roussy, Villejuif
(3) Département de statistique, Institut Gustave Roussy, Villejuif
(4) Département de chirurgie, Institut Gustave Roussy, Villejuif


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
65 Oesophage

L'association radiochimiothérapie concomitante est actuellement considérée comme le traitement de référence des cancers de l'œsophage localisés non résécables. Les résultats restent cependant insuffisants, notamment en raison du mauvais contrôle locorégional de la maladie, la survie médiane de cette population restant inférieure à 1 an. Une des voies d'optimisation de la radiothérapie est l'utilisation d'une irradiation hyperfractionnée afin de délivrer une dose plus élevée sans augmenter la toxicité, et lutter ainsi contre les phénomènes de repopularisation cellulaire en cours de traitement.

Le but de ce travail était l'étude de la faisabilité d'une radiochimiothérapie concomitante comportant une irradiation bifractionnée.


Patients et méthodes


25 malades atteints d'un cancer de l'œsophage inopérable stade I (n = 3), II (n = 7), et III (n = 15), ont été inclus. Un antécédent de 2e cancer était présent chez 48 % des malades. La dose totale de l'irradiation était de 60 grays (Gy) délivrés en 35 jours, à raison d'une fraction quotidienne de 2 Gy la 1re et 5e semaines d'irradiation associée à une chimiothérapie concomitante par 5-fluorouracile (800 mg/m2 J1 à J5) + cisplatine (75 mg/m2 J1), et de 2 fractions quotidiennes de 2 Gy la 2e et 4e semaines.


Résultats


Tous les malades ont reçu la dose totale d'irradiation, et 60 % d'entre eux les doses complètes de chimiothérapie prévues. La réponse évaluée endoscopiquement chez 24 malades a été complète dans 18 cas, et partielle dans 2 cas. Une progression tumorale a été observée dans 4 cas. La survie médiane sans événement et la survie globale de cette population était de 9 et 11 mois, respectivement. La durée médiane du contrôle locorégional était de 15 mois, et de 37 % à 2 ans. Parmi les 18 réponses complètes, la récidive a été locale dans 2 cas, régionale dans 3 cas, et métastatique dans 7 cas ; trois malades ont présenté un second cancer, et un est décédé des complications d'une cirrhose 6 mois après le diagnostic. Les toxicités aiguës grade 3-4 ont été une oesophagite dans 8 cas (32 %), une neutropénie dans 6 cas (24 %), dont 2 neutropénies fébriles, une thrombopénie dans 3 cas (12 %). Un décès toxique par pneumopathie dans un contexte de neutropénie sévère a été observé. Les toxicités à distance ont été une sténose oesophagienne constituée 6 mois après la fin du traitement, et une fistule oesophagienne sans récidive prouvée 5 mois après la fin du traitement.


Conclusion


Ces résultats montrent la faisabilité d'une radiochimiothérapie concomitante avec irradiation hyperfractionnée chez les malades atteints de cancer de l'œsophage inopérable. Ce traitement a permis d'obtenir un contrôle locorégional satisfaisant, au prix d'une toxicité acceptable. Le pronostic de la population étudiée était principalement lié au terrain (antécédent de 2e cancer ou cancer métachrone chez 50 % des malades), ainsi qu'à la dissémination métastatique de la maladie, incitant à intensifier la chimiothérapie. L'utilisation d'une chimiothérapie plus active et/ou d'une durée supérieure pourrait améliorer les résultats.


Gastroentérologie clinique & biologique 2001; 25, HS1, 0399-8320

 

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2001