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LE MNGIE SYNDROME, UNE MALADIE MITOCHONDRIALE A EXPRESSION DIGESTIVE PREDOMINANTE - A PROPOS DE TROIS OBSERVATIONS (1) G Finck, (1) JM Reimund, (1) B Duclos, (1) R Baumann, (2) JM Warter (1) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Hôpital de Hautepierre, 67098 Strasbourg Cedex (2) Service des Maladies du Système Nerveux et du Muscle, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Hôpital, 67091 Strasbourg Cedex Mots clés : Le MNGIE (Mitochondrial Neuro Gastro Intestinal Encephalomyopathy) syndrome est une maladie mitochondriale autosomique récessive rare, associant 6 signes cardinaux : pseudo-obstruction intestinale chronique (premier symptôme clinique observé), neuropathie périphérique, ophtalmoplégie externe progressive, perte de poids, leucoencéphalopathie à l'IRM cérébrale et des signes de cytopathie mitochondriale. Ce travail a pour objectif de préciser certains éléments déterminants du diagnostic positif et différentiel de ce syndrome. MéthodesDeux hommes et une femme, âgés de 50, 35 et 25 ans ont été admis dans le service pour nutrition parentérale à domicile (patient n° 1), douleurs abdominales, diarrhée et amaigrissement (patients n° 2 et n° 3). Chez le patient n° 1, le diagnostic de MNGIE syndrome avait été posé avant l'admission. Le patient n° 2 avait initialement des signes cliniques, biologiques et radiologiques (transit de l'intestin grêle) en faveur d'une maladie de Crohn, mais présentait aussi des signes inhabituels (ptosis modéré, hyporéflexie ostéo-tendineuse, augmentation discrète des lactates sanguins sans acidose) évoquant une maladie mitochondriale. La patiente n° 3 se plaignait de douleurs abdominales, de vomissements, d'une diarrhée et d'une altération de l'état général et présentait un ptosis à l'examen clinique. RésultatsChez les patients n° 1 et n° 2, le diagnostic de MNGIE syndrome a été définitivement affirmé devant (1) l'effondrement de l'activité de la thymidine phosphorylase (TP), (2) la présence de nouvelles mutations (jusqu'ici non décrites dans la littérature) dans le gène de la TP, et (3) l'existence d'une leucoencéphalopathie à l'IRM, éléments essentiels du diagnostic positif et différentiel de ce syndrome. La patiente n° 3 présentait les signes cliniques d'un MNGIE syndrome et ceux histologiques d'une cytopathie mitochondriale. Elle n'avait en revanche aucune des trois autres anomalies caractéristiques décrites ci-dessus ; il ne s'agissait donc pas d'un MNGIE syndrome. Conclusion(1) A côté des signes cliniques évocateurs, le MNGIE syndrome ne peut être affirmé que si l'activité de la TP est effondrée, qu'il existe une mutation dans son gène (deux mutations originales sont rapportées ici) et, comme le suggèrent nos observations et certaines données de la littérature, une leucoencéphalopathie à l'IRM. Nous suggérons que cet examen simple soit utilisé pour le diagnostic différentiel entre le MNGIE syndrome et d'autres maladies mitochondriales ayant la même présentation clinique, parfois encore appelées « pseudo-MNGIE syndromes ». (2) La présence constante d'une anomalie du gène de la TP (situé sur l'ADN nucléaire) responsable de délétions/déplétion de l'ADN mitochondrial responsables des symptômes nous conduit à considérer le MNGIE non plus comme un « syndrome », mais comme une « maladie ». (3) Sa physiopathologie exacte (anomalie(s) de la communication intergénomique) est à préciser dans la mesure où elle permettra vraisemblablement de caractériser certaines cibles moléculaires d'intérêt thérapeutique. Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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