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INTERET DE LA CHROMOSCOPIE AU LUGOL DANS LE DEPISTAGE PRECOCE DES LESIONS MALIGNES DE L'ŒSOPHAGE (1) N Pichon, (1) JF Vicensini, (1) M Debette-Gratien, (1) F Cessot, (1) D Sautereau (1) Service d'Hépato gastroentérologie, CHRU Dupuytren, 87042 Limoges Mots clés : Le but de ce travail était d'évaluer l'intérêt de la chromoscopie en pratique quotidienne pour le dépistage des lésions infracliniques potentiellement malignes de l'œsophage (dysplasies de bas grade, dysplasie de haut grade, carcinome in situ) et de montrer qu'il s'agit d'une technique simple et dépourvue d'effets secondaires. L'étude a concerné deux populations à risques de présenter ce type de lésion : 33 patients éthylotabagiques (groupe 1 : 54 ans ± 14, 29♂/4♀, 80 g d'alcool/j en moyenne, 27 paquets-année en moyenne) et 17 patients porteurs d'une néoplasie ORL (groupe 2 : 60 ans ± 10, 16♂/1♀, tous porteurs d'un carcinome épidermoïde ORL). Un groupe témoin de 30 patients (groupe 3 : 49 ans ± 15, 22♂/8♀) bénéficiant d'une endoscopie œsophagienne pour une symptomatologie de RGO a permis de définir l'allongement du temps d'examen imputable à la coloration. Le colorant utilisé était le Lugol. Dans notre étude la coloration au Lugol rallonge la durée de l'endoscopie classique de 325 secondes (5 minutes 25 secondes) en moyenne dans le groupe 1 et de 252 secondes (4 minutes 12 secondes) dans le groupe 2 par rapport à une endoscopie classique sans coloration. Le principal, et quasi seul, effet secondaire de la coloration au Lugol est l'apparition presque immédiate après pulvérisation du colorant d'un pyrosis (brûlure rétrosternale) parfois associé à des vomissements. Ce pyrosis a été retrouvé respectivement chez 45,6 % des patients du groupe 1, chez 41,2 % des patients du groupe 2 et chez seulement 2,5 % des patients du groupe 3. Sur les 50 patients, 4 % avaient des lésions potentiellement malignes révélées uniquement après la coloration (1 carcinome épidermoïde, 1 dysplasie de haut grade et deux dysplasie de bas grade après examen anatomo-pathologique des biopsies dirigées grâce à la coloration). La découverte précoce de ces lésions a permis une prise en charge thérapeutique efficace, essentiellement chirurgicale. L'amélioration du diagnostic précoce des lésions néoplasiques superficielles est le principal défi des prochaines années pour les endoscopistes. La coloration au Lugol est une technique simple et rapide à mettre en œuvre, quasi dépourvue d'effets secondaires, peu coûteuse mais qui de façon paradoxale n'a pas eu le succès attendu. Les colorations peuvent enrichir notre efficacité discriminative diagnostique. La détection précoce des lésions malignes de l'œsophage permettra le développement des techniques d'endoscopie interventionnelle (mucosectomie, photothérapie dynamique, plasma Argon). Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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