© SNFGE, 2002
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mardi 26 mars 2002
SFCD
D0007

ANASTOMOSE COLO-ANALE MANUELLE VERSUS ANASTOMOSE COLO SUS-ANALE MECANIQUE DANS LE CANCER DU RECTUM. ETUDE PROSPECTIVE RANDOMISEE

 

(1) AL Laurent, (1) Y Parc, (1) N Dehni, (1) R Parc, (1) E Tiret
(1) Service de Chirurgie Générale et Digestive, Hôpital Saint-Antoine, 75012 Paris


Mots clés :
105 Essais Contrôlés
106 Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie
68 Côlon, Rectum


Introduction


Après une proctectomie avec exérèse totale du mésorectum (ETM), si la marge distale sur le rectum le permet, la réalisation d'une anastomose colo-sus-anale (CSA) mécanique plutôt qu'une anastomose coloanale (ACA) manuelle, offre en théorie l'avantage d'être plus rapide. Cette technique supprime en effet le temps périnéal comportant la mucosectomie et l'anastomose colo-anale faite à la main au dessus de la ligne pectinée. Afin de vérifier que cet avantage est réel et qu'il ne joue pas sur le résultat fonctionnel à court et moyen terme, nous avons mené une étude prospective randomisée.


Méthode


De janvier 1999 à mai 2001 tous les patients ayant un adénocarcinome du rectum nécessitant une exérèse totale du mésorectum et chez qui l'on pouvait conserver 1 à 2 cm de manchon rectal au-dessus de l'appareil sphinctérien, ont été randomisés en deux groupes : CSA (groupe 1) et ACA (groupe 2). Le tirage au sort était réalisé une fois l'ETM complétée Un réservoir colique était systématiquement confectionné. L'anastomose mécanique était trans-suturaire, à travers le moignon rectal préalablement fermé. Tous les patients avaient en fin d'intervention une iléostomie. Les variables étudiées en per-opératoire étaient : la survenue d'une complication au moment de l'anastomose, le temps de l'intervention, la hauteur de l'anastomose ; en postopératoire : la mortalité, la morbidité, le temps d'hospitalisation, le délai avant fermeture de l'iléostomie, l'existence d'une sténose. Enfin le résultat fonctionnel était évalué à 3 mois, 6 mois et 12 mois.


Résultats


Trente-sept patients d'un age moyen de 60 ± 10 ans (25 hommes, 12 femmes) ont été inclus (groupe 1 : n = 20, groupe 2 : n = 17). Un patient du groupe 2 a été exclu pour une résurgence tumorale au niveau de la section rectale, 5 cm sous la tumeur. Une amputation abdomino-périnéale de rattrapage a été réalisée. Les deux groupes étaient comparables pour l'âge, le sexe, la taille tumorale, la hauteur de la tumeur par rapport au sphincter et la nécéssité d'une radiothérapie pré-opératoire (3 dans chaque groupe). La mortalité opératoire a été nulle. La morbidité n'était pas différente (3/20 vs 4/17). La durée opératoire était de 261 ± 40 min dans le groupe 1 et de 314 ± 46 min dans le groupe 2 (p = 0,0008), la distance anastomose-ligne pectinée était de 27mm dans le groupe 1 et de 19 mm dans le groupe 2 (p = 0,01). Le résultat fonctionnel à 3 mois et 6 mois a pu être évalué chez tous les patients et pour 26 d'entre eux à 12 mois. Le nombre de selles, le caractère fractionné, impérieux, et spontané de l'évacuation, la continence, le port d'une garniture et la prise de médicament, étaient identiques dans les deux groupes.


Conclusion


Comparée à l'ACA manuelle, l'anastomose colo-sus anale mécanique offre un réel gain de temps sans jouer sur la morbidité et le résultat fonctionnel à court et moyen terme.


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2002