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DYSPHAGIES HAUTES ISOLEES : EXPERIENCE D'UN CENTRE D'EXPLORATION DE LA DEGLUTITION (1) E Verdier, (1) P Pouderoux, (1) JL Balmès, (2) H Finiels (1) Service d'Hépato-Gastroentérologie et Alcoologie, CHU de Nimes, 30900 Nîmes (2) Service de Gérontologie, CHU de Nimes, 30900 Nîmes Mots clés : Les dysphagies hautes sont souvent un des éléments du tableau clinique d'une maladie neuromusculaire ou de la sphère ORL bien caractérisée. Plus rarement elles se présentent de manière isolée et posent alors des problèmes de diagnostic étiologique. MéthodesAu cours d'une période s'étendant du 1/1/2000 au 1/9/2001, 215 patients consécutifs étaient explorés pour trouble de la déglutition, parmi lesquels 85 patients (âge 65 ± 17 ans, 44F/41H) avaient une dysphagie haute isolée sans diagnostic étiologique. La vidéoradiographie de la déglutition était l'examen de première intention, permettant d'orienter éventuellement vers d'autres examens à visée diagnostique. RésultatsLes symptômes étaient dominés par les blocages alimentaires ou la gène cervicale à la déglutition (90 %). L'alimentation était normale (n = 66/85), mixée (n = 13), entérale (n = 3) ou excluait les liquides (n = 2). La vidéoradiographie montrait une déglutition oropharyngée anormale chez 67 %. Les anomalies de la phase orale étaient rares (n = 7) et isolées, surtout représentées par des troubles de l'initiation de la déglutition dans un contexte de phobie. Une inhalation et/ou une perturbation de la clairance pharyngée étaient constatées respectivement chez 18 % et 39 % des patients explorés. Les inhalations sévères (n = 5) étaient toujours associées à des troubles majeurs de la vidange pharyngée et non à des perturbations de la fermeture vestibulo-glottique. Les mécanismes responsables des troubles de la vidange pharyngée se répartissaient en : 1) troubles de la propulsion linguale et pharyngée (n = 13), 2) troubles de l'ouverture du SSO (n = 10), 3) troubles mixtes (n = 6), et 4) anomalies anatomiques. Les dysphagies les plus sévères étaient associées à des myopathies pharyngées isolées d'évolution lente chez des sujets âgés (n = 4). Les anomalies anatomiques telles que diverticules de Zenker (n = 5), diverticules hypopharyngés latéraux (n = 7) et membranes sous-cricoïdiennes (n = 2), les phobies de la déglutition (n = 3) et la myasthénie (n = 1) étaient rarement rencontrées. Des perturbations de la vidange de l'œsophage étaient constatées chez 24 % des patients, sans perturbation de la déglutition dans la moitié des cas, correspondant rarement à une maladie motrice caractérisée (achalasie n = 1) ou à une sténose œsophagienne (n = 2). La déglutition était normale chez 43 % des patients avec un sex-ratio 2F/1H = 2). ConclusionsLes dysphagies hautes isolées lorsqu'elles sont sévères, sont alors associées à des maladies musculaires mais rarement neurologiques. Les dysphagies hautes isolées non sévères : 1) ont souvent une mécanique de la déglutition normale, pouvant faire évoquer des phénomènes de sensibilité dans la sensation de dysphagie. Ces dysphagies fonctionnelles sont plus fréquentes chez la femme ; 2) lorsqu'elles existent, les perturbations de la clairance buccopharyngée sont non spécifiques et souvent mal corrélées aux symptômes. Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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