© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Lundi 31 mars 2003
Tronc Commun 2 : Grêle - Côlon - Nutrition
AC0091

L'EXPRESSION DE LA CYCLO-OXYGENASE DE TYPE 2 (COX-2) EST-ELLE UN FACTEUR PREDICTIF DE L'EFFICACITE DE L'ASPIRINE DANS LA RECURRENCE DES ADENOMES COLIQUES ?

 

(1) R Benamouzig, (1) T Coste, (2) J Deyra, (2) GR Apacc, (3) B Girard, (4) A Martin, (4) E Longchamp, (5) D Couturier, (5) S Chaussade
(1) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Avicenne, Bobigny
(2) APACC, Hôpital Cochin, Paris
(3) Département de Statistiques, Paris Tolbiac, Paris
(4) Service d'Anatomopathologie, Hôpital Avicenne, Bobigny
(5) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Cochin, Paris


Mots clés :
61 Prolifération, Carcinogenèse
62 Dépistage, Prévention, Diagnostic
68 Côlon, Rectum

Dans le cadre de l'essai APACC, étude prospective multicentrique nationale, nous avons démontré que l'aspirine à faible dose (< 300 mg) entraîne une diminution de la récidive des adénomes dès 1 an de traitement. A cette dose, l'aspirine est un inhibiteur préférentiel de la cyclo-oxygenase de type 1 (COX-1) et diminue le taux muqueux colique de prostaglandines. Les prostaglandines jouent un rôle clef dans la carcinogenèse colique. Leur taux est augmenté dans les adénomes et les cancers du côlon. Cette augmentation est la conséquence de la surexpression de la COX-2 observée dans 40 % des adénomes et 90 % des cancers coliques mais le rôle de COX-1 a aussi été suggéré dans certains modèles impliquant des mécanismes indépendants de COX-2. Le but de ce travail a été d'évaluer le rôle de la COX-2 sur la récurrence des adénomes coliques à 1 an chez les patients de l'essai APACC traités ou non par aspirine.


Matériel et méthodes


L'expression de COX-2 a été caractérisée par immunohistochimie sur coupes en paraffine dans une série de 242 adénomes obtenus lors de la coloscopie de sélection chez les 155 premiers patients (105 H et 50 F, âge 57 ans) inclus dans l'essai APACC. L'expression de COX-2 a été quantifiée à l'aide d'un score à 4 niveaux, à la fois dans le contingent épithélial et dans les cellules stromales et profondes de chaque adénome, permettant ensuite de classer chaque patient en 2 catégories : COX-2 basse ou haute. Le caractère prédictif de l'expression de COX-2 a été apprécié par la présence ou non d'adénomes à la coloscopie de contrôle réalisée à un an comme prévu dans le protocole de l'étude.


Résultats


La récurrence d'au moins un adénome a été observée chez 20 des 49 (41 %) patients présentant une expression initiale basse de COX-2 lors de la coloscopie de sélection et chez 32 des 102 (31 %) présentant une expression initiale haute. La récurrence d'au moins un adénome a été observée chez 23 des 83 (28 %) patients du groupe aspirine contre 29 des 68 (42 %) du groupe placebo. L'effet protecteur de l'aspirine sur la récurrence à un an était statistiquement observé uniquement dans le groupe présentant une expression initiale basse de COX-2 lors de la coloscopie de sélection (OR = 0,22, p = 0,014).


Conclusion


1- L'expression de COX-2 n'est pas significativement associée à la récurrence des adénomes coliques à 1 an. 2- Les effets protecteurs de l'aspirine sur la récidive des adénomes coliques s'exercent essentiellement chez les patients présentant une expression nulle ou faible de COX-2. 3- Ces résultats suggèrent que la mesure de l'expression de COX-2 dans les adénomes coliques pourrait permettre d'identifier deux populations présentant des réponses à l'aspirine bien différentes.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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