© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Lundi 31 mars 2003
Tronc Commun 4 : Oesophage - Estomac
AE0005

ŒSOPHAGOPLASTIES ILEOCOLIQUES DROITES POUR LESIONS CAUSTIQUES : A PROPOS DE 83 PATIENTS

 

(1) N Munoz-Bongrand, (1) H Bothereau, (1) P Cattan, (1) E Sarfati, (2) JM Gornet
(1) Service de Chirurgie Digestive, Hôpital Saint-Louis, Paris
(2) Service de Gastroentérologie, Hôpital Saint-Louis, Paris


Mots clés :
9 Maladies Oesophagiennes (Hors Rgo)
106 Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie


But


Rapporter notre expérience des œsophagoplasties iléocoliques droites, en terme de faisabilité, de morbi-mortalité, et de résultats fonctionnels.


Méthodes


De 1992 à 2001, 83 patients consécutifs ont eu une œsophagoplastie colique après œsogastrectomie (n = 58), ou pour sténose œsophagienne (n = 25). L'iléocoloplastie droite rétrosternale isopéristaltique était l'intervention de choix. Une pharyngoplastie associée était indiquée chez 29 patients. La faisabilité de cette intervention, sa morbi-mortalité, et ses résultats fonctionnels ont été analysés de façon rétrospective.


Résultats


Le suivi moyen est de 23 ± 23 mois. Chez 11 patients (13 %), l'iléocoloplastie n'a pu être réalisée pour des raisons vasculaires ; ils ont eu une coloplastie transverse (n = 9) ou gauche (n = 1), ou une gastroplastie (n = 1).

Dans la période postopératoire, 64 patients (77 %) ont développé des complications. Quarante-trois (52 %) étaient en relation directe avec la plastie : 23 (30 %) fistules anastomotiques cervicales, 8 (10 %) fistules anastomotiques intra-abdominales, 9 (11 %) nécroses focales ou totales de plastie, 8 (10 %) autres. Cinquante patients (60 %) ont développé des complications générales, principalement respiratoires (n = 33, soit 40 %). Vingt et un patients (25 %) ont été réopérés, dont 9 (11 %) pour exérèse partielle ou totale de la plastie. La durée moyenne d'hospitalisation était de 34,5 ± 22 jours. Trois patients (4 %) sont décédés au cours de la période hospitalière.

A moyen et long terme, 2 patients ont eu une nécrose de plastie à 13 et 14 mois. Trente-deux patients (38 %) ont développé une sténose de l'anastomose cervicale, en moyenne 4,5 ± 4,7 mois après l'opération ; 50 % d'entre eux avaient eu une fistule cervicale. Cette sténose a été traitée par dilatation endoscopique seule (n = 14), ou par dilatation puis chirurgie (n = 18). Au terme du suivi, 65 patients (78 %) ont une alimentation orale exclusive ; 9 patients (11 %) ont une nutrition entérale de soutien par jéjunostomie.


Conclusion


Après brûlure caustique œso-gastrique, la reconstruction par plastie iléocolique droite est possible chez 87 % des patients. Malgré une morbidité importante, cette intervention permet une réalimentation normale chez près de 80 % des patients.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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