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LA LOCALISATION PROXIMALE D'UN ADENOCARCINOME DU COLON EST UN FACTEUR DE RISQUE POUR LE DEVELOPPEMENT D'UN SECOND CANCER PRIMAIRE, COLORECTAL OU EXTRA-COLIQUE : ETUDE DE POPULATION (1) A Gervaz, (2) I Neyroud-Caspar, (2) M Usel, (3) P Morel (1) Chirurgie Viscérale, Hôpital Universitaire, Genève, Suisse (2) Registre Genevois des Tumeurs (3) Service de Chirurgie Viscérale, HCUGE, Genève, Suisse Mots clés : ButLes adénocarcinomes du côlon proximal (en amont de l'angle splénique) constituent une entité biologique spécifique, caractérisée par une fréquence élevée de tumeurs à instabilité des microsatellites (MIS). L'hypothèse a été émise que ce type d'altération moléculaire pourrait fragiliser le génome en général, et ainsi favoriser le développement de tumeurs multiples, dans le côlon, mais aussi dans d'autres organes. Le but de ce travail était d'étudier, à l'échelle d'une population : 1) l'incidence des tumeurs coliques multiples ; et 2) l'incidence des tumeurs extra-coliques, en fonction de la localisation proximale ou distale d'un cancer colo-rectal initial. MéthodeAnalyse des cas d'adénocarcinomes du côlon et du rectum recensés de 1970 à 1999 dans notre registre des tumeurs regroupant une population de 400 000 habitants. Les cas de cancers familiaux (polypose, Lynch) ont été exclus, ainsi que les tumeurs non épithéliales (lymphomes). Enfin, la localisation du cancer était précisée en fonction de la codification ICD-02. RésultatsAprès exclusion des tumeurs sans localisation documentée, 5 126 cas d'adénocarcinome colo-rectal ont constitué le collectif de cette étude. Mille sept cent soixante-deux tumeurs (33 %) étaient localisées en amont de l'angle splénique. Cent vingt malades (2,3 %) avaient présenté durant cette période une deuxième tumeur colorectale. Le risque de développer un second cancer primaire colique ou rectal allait en diminuant au fur et à mesure que le premier cancer était éloigné de la valvule de Bauhin : caecum 3,3 % ; ascendant 3,0 % ; transverse 3,7 % ; descendant 2,8 % ; sigmoïde 1,7 % ; et rectum 1,8 %. Le risque de développer un second cancer colorectal était significativement plus élevé pour les tumeurs du côlon proximal (3,3 % contre 1,8 %, test chi2, p < 0,001). De plus, le risque de développer un deuxième tumeur maligne extra-colique (tumeurs de la peau exclue) était également plus élevé pour les cancer du côlon proximal (12,7 % contre 10,0 %, test chi2, p = 0,004). ConclusionCes données épidémiologiques confirment que la survenue d'un second cancer primaire du colorectum est peu fréquente. La localisation des cancers au côlon proximal constitue cependant un facteur de risque pour le développement d'une seconde tumeur, qu'elle soit colorectale ou extra-colique. La spécificité moléculaire des cancer du côlon proximal s'accompagne donc de caractéristiques épidémiologiques, qui justifient une codification séparée des cancers du côlon proximal et du côlon distal. Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320 |
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