© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Posters

Mardi 1 avril
Posters
PB45

COMMENT EXPLIQUER L'AMELIORATION DE LA SURVIE DES CANCERS COLORECTAUX ? ETUDE DE POPULATION (1976-1999)

 

(1) E Mitry, (1) AM Bouvier, (1) J Faivre, (2) J Estève
(1) Registre Bourguignon des Tumeurs Digestives, Faculté de Médecine, Dijon
(2) Laboratoire de Biostatistique et Epidémiologie, CH Lyon Sud, Pierre-Bénite


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
64 Epidémiologie
68 Côlon, Rectum

Les données des registres de population indiquent que la survie des cancers colorectaux (CCR) s'est améliorée au cours des 20 dernières années. Une étude précédente avait montré que la réduction de la mortalité opératoire était une cause importante de l'amélioration de la survie globale.


Buts


L'objectif de cette étude était d'expliquer les causes de l'amélioration de la survie au-delà de la réduction de la mortalité opératoire.


Patients et méthodes


5 874 patients présentant un CCR diagnostiqué entre 1976 et 1999 ont été inclus. Les tendances évolutives de la survie relative conditionnelle à la survie à J30 post-opératoire ont été estimées.


Résultats


Globalement, la survie relative conditionnelle à 5 ans (SRC5) est passée de 49,2 à 56,3 % entre les périodes 1976-87 et 1988-99 (< 75 ans : 50,3 à 58,0 % ; ≥ 75 ans : 47,1 à 53,6 %). Après chirurgie à visée curative, la SRC5 s'est améliorée de 65,5 à 71,4 % (stade I-II : 78,0 à 82,3 % ; stade III : 35,8 à 42,2 %). Les tendances évolutives de la survie étaient différentes entre les groupes d'âge : la SRC5 s'améliorait significativement chez les patients de moins de 75 ans passant de 62,0 à 70,1 % (stade I-II : 78,2 à 82,7 % ; stade III : 35,7 à 48,6 %) alors qu'elle se modifiait peu chez les patients de 75 ans et plus passant de 68,0 à 67,9 % (stades I-II : 78,0 à 82,2 % ; stades III : 36,9 à 34,1 %). Le nombre de tumeurs accessibles à un traitement chirurgical radical a augmenté en raison de l'amélioration du stade au diagnostic : fréquence relative des tumeurs de stade avancé au diagnostic : 34,8 % pour la période 1976-87 ; 26,7 % pour la période 1988-99. Les données suggèrent un rôle de la chimiothérapie adjuvante pour expliquer l'amélioration des tumeurs de stade III chez les patients de moins de 75 ans. Un phénomène de migration de stade pourrait expliquer l'amélioration de la survie observée pour les tumeurs de stade I-II. La survie relative à 5 ans des tumeurs de stade avancé s'est peu améliorée, quel que soit l'âge des patients, bien que la survie médiane des patients de moins de 75 ans ait augmenté, probablement en raison d'une plus grande utilisation de la chimiothérapie palliative.


Conclusion


L'amélioration du pronostic des CCR s'explique essentiellement par la réduction de la mortalité opératoire et une augmentation de la résécabilité tumorale liée à un diagnostic plus précoce. Ceci est l'explication probable de l'amélioration de la survie des patients de plus de 75 ans dont la survie par stade ne s'est pas améliorée contrairement aux patients plus jeunes. Une amélioration de la survie par stade suggère un progrès thérapeutique. Chez les patients de moins de 75 ans, les données suggèrent que la chimiothérapie adjuvante pourrait expliquer l'amélioration de la survie des stades III.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2003