© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mardi 1 avril 2003
Séance plénière
AC0089

RADIOCHIMIOTHERAPIE SUIVIE DE CHIRURGIE CONTRE RADIOCHIMIOTHERAPIE SEULE DANS LES CANCERS DE L'ŒSOPHAGE LOCALEMENT AVANCES. ETUDE RANDOMISEE MULTICENTRIQUE DE LA FFCD (9102)

 

(1) P Michel, (2) O Bouché, (3) C Milan, (4) JP Triboulet, (5) T Conroy, (6) D Pezet, (7) B Roullet, (8) JF Seitz, (9) J Lacourt, (10) SH Seng, (11) P Maingon, (12) TD N'Guyen, (13) X Mirabel, (14) F Bonnetain, (15) L Bedenne
(1) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Charles Nicolle, Rouen
(2) Service d'Hépato-Gastroentérologie, CHU Robert Debré, Reims
(3) FFCD, Dijon
(4) Service de Chirurgie Digestive, CHRU Claude Huriez, Lille
(5) Service d'Oncologie Médicale, centre Alexis Vautrin, Nancy
(6) Service de Chirurgie Digestive, CHU Hôtel-Dieu, Clermont-Ferrand
(7) Service de Radiothérapie-Cancérologie, CHU Dupuytren, Limoges
(8) Service d'Hépato-Gastroentérologie, CHU La Timone, Marseille
(9) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Clinique Sainte-Marie, Chalon-sur-Saône
(10) Service de Radiothérapie, Centre Henri Becquerel, Rouen
(11) Service de Radiothérapie, Centre GF Leclerc, Dijon
(12) Service de Radiothérapie, Institut Jean Godinot, Reims
(13) Service de Radiothérapie, Centre Oscar Lambret, Lille
(14) INSERM EPI 106, Dijon
(15) Service d'Hépato-Gastroentérologie, CHU Le Bocage, Dijon


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
65 Oesophage
1 Stratégie Clinique


Buts


Plusieurs séries comparatives non randomisées suggèrent que la radiochimiothérapie (RT-CT) serait équivalente à la chirurgie. L'essai FFCD 9102 est le premier essai randomisé comparant RT-CT et RT-CT suivie de chirurgie. Le critère de jugement principal était la survie globale, avec l'hypothèse d'équivalence des deux traitements (différence entre les taux de survie à 2 ans ≤ 15 %). Les critères secondaires étaient le pourcentage du temps de survie passé en hospitalisation, l'état général, la fréquence des gestes palliatifs et la qualité de vie mesurée par l'index de Spitzer.


Méthodes


Les patients atteints de cancer de l'œsophage thoracique épidermoïde ou glandulaire, T3 N0-1 M0, opérables d'emblée, étaient éligibles et inscrits. Ils recevaient une RT-CT par 2 cures de 5FU-cisplatine (P) débutant à J1 et J22 (5FU 800 mg/m2/24 h de J1 à J5, P 75 mg/m2 à J2 ou 15 mg/m2 J1-J5) associées à une radiothérapie (RT) soit en split-course (2 x 15 Gy en 5 fractions de 3 Gy de J1 à J5 et J22 à J26), soit étalée (46 Gy en 23 fractions de 2 Gy sur 4,5 semaines). Si le bilan objectivait une réponse au moins partielle et en l'absence de contre-indication à la poursuite de la RT-CT ou à une intervention chirurgicale, les patients étaient randomisés entre BRAS A : chirurgie et BRAS B : poursuite de la RT-CT (3 cures de 5FU-P selon les mêmes modalités), associées à une RT débutant en même temps que la CT, en split-course (15 Gy en 5 fractions puis 10 Gy en 5 fractions), ou étalée (20 Gy en 10 fractions).


Résultats


Entre 1/1993 et 11/2000, 259/455 patients inscrits ont été randomisés. Le taux de survie à 2 ans était de 34 % (bras A) contre 40 % (bras B) (OR = 0,91 ; p = 0,56). La mortalité dans les 3 mois suivant l'inclusion était de 9 % (bras A) contre 1 % (bras B) (p = 0,002). Les patients étaient hospitalisés < 10 jours/mois de survie dans 69 % des cas (bras A) contre 77 % (bras B) (p = 0,005). Les périodes avec EG OMS 0-1 étaient moins fréquentes dans le bras A (78 %) que dans le bras B (87 %) (p = 0,08). Les patients du bras B ont eu plus souvent une prothèse (27 % vs 13 % ; p = 0,005) ou des dilatations (32 % vs 22 % ; p = 0,07), en particulier si la radiothérapie était délivrée en split-course. En analyse multivariée, aucun des paramètres étudiés n'avaient d'influence sur le pronostic. La qualité de vie, ne différait pas entre les deux bras.


Conclusion


Dans les cancers de l'œsophage localement avancés répondeurs à la RT-CT, la poursuite de la RT-CT représente une alternative à la chirurgie, avec une survie et une qualité de vie équivalente, une mortalité thérapeutique et une durée d'hospitalisation plus faible, mais des gestes de palliation de la dysphagie plus nombreux.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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