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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 5 avril 2004
Communication Orale


Caractérisation de l'hétérogénéité génétique et d'expression des métastases hépatiques d'origine colo-rectale

N Goasguen(4) , C de Chaisemartin(3) , B Nordlinger(3) , P Rougier(3) , B Franc(1) , S Rebuissou(2) , P Beaune(4) , C Penna(3) , P Laurent-Puig(4)

(1) Service Anatomo-pathologie, Hôpital Ambroise Paré, Boulogne
(2) INSERM U434, Laboratoire de Génétique des Tumeurs, Paris
(3) Fédération de Cancérologie Digestive, Hôpital Ambroise Paré, Boulogne
(4) INSERM U490, laboratoire de toxicologie moléculaire, Paris


Mots clés :
68 Côlon, Rectum
60 Biologie Moléculaire, Génétique
88 Noyau, Expression Des Gènes, Transfert Des Gènes


 Objectif

Les métastases sont la principale cause de mortalité du cancer colorectal (CCR). L'utilisation récente de nouveaux médicaments comme l'oxaliplatine et l'irinotécan ouvre de nouvelles perspectives en particulier dans la définition de stratégies thérapeutiques. L'un des buts des recherches actuelles est de déterminer des facteurs prédictifs de réponse à ces traitements. L'étude du transcriptome est une approche méthodologique prometteuse qui repose sur l'hypothèse d'une homogénéité en terme d'expression entre les différentes métastases développées chez un même individu. Le but de notre travail est de rechercher l'existence d'une hétérogénéité génétique par la caractérisation des pertes alléliques sur différents bras chromosomiques et de rechercher une éventuelle hétérogénéité d'expression des gènes codant pour des enzymes pouvant être impliqués dans la réponse au 5-fluorouracile, à l'oxaliplatine et à l'irinotécan.

 

 

 Matériels et Méthodes

Sur quinze malades, douze ont été retenus pour l'étude (3 presentaient une nécrose totale des prélèvements). Pour chaque malade, au minimum un fragment tumoral par métastase (minimum de deux métastases par malade) et un fragment de foie sain étaient prélevés lors de l'intervention chirurgicale. Un total de  51 fragments tumoraux ont été inclus. Soit une moyenne de 3,4 ­(2 à 8) prélèvements par malade. Les pertes alléliques ont été caractérisées sur 5 bras chromosomiques (5q, 8p, 17p, 18q, 22q) à l'aide de 29 marqueurs microsatellites dinucléotidiques. L'analyse de l'expression génique a été réalisée par une technique de RT-PCR quantitative en temps réel à l'aide de sondes fluorescentes spécifiques pour 4 gènes TS, TOPO1, ERCC1, CES2.

 

 

 Résultats

Une homogénéité des pertes alléliques (i.e. les pertes étaient concordantes entre les différents prélèvements d'un même malade) a été observée chez 9 malades. Trois malades ont présenté une hétérogénéité portant sur l'ensemble des marqueurs d'un ou de deux bras chromosomiques. En revanche, le niveau d'expression des 4 gènes s'est révélé hétérogène avec des variations moyennes pour TS, TOPO1, ERCC1, CES2 respectivement de 139 %, 62 %, 72 %, 268 % pour la variabilité en inter-métastatique et  207 %, 144 %, 136 %, 141 % pour la variabilité intra-métastatique, sans qu'aucun facteur explicatif direct ne soit trouvé. En particulier, la contamination par un pourcentage variable de cellules normales des échantillons n'explique pas cette hétérogénéité.

 

 

 Discussion

S'il existe bien une relative homogénéité génétique des métastases des CCR traduisant le caractère clonal de la maladie, il n'en est pas de même de l'activité transcriptionnelle des cellules tumorales métastatiques.

 

 

 Conclusion

Ce travail suggère que la recherche de facteurs prédictifs de la réponse à la chimiothérapie des métastases des CCR par l'étude de l'expression de certains gènes impliqués dans les mécanismes de réponse doit prendre en compte l'hétérogénéité d'expression possible des gènes impliqués. En effet, l'analyse d'un seul fragment pourrait conduire à des erreurs d'interprétation.

 

 


 

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