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Devenir des greffons stéatosiques à distance de la Transplantation Hépatique
C Francoz(2) , S Francque(2) , V Paradis(1) , F Harnois(2) , H Boudjema(2) , A Sauvanet(2) , S Buyse(2) , D Valla(2) , J Belghiti(2) , F Durand(2) (1) Service d'Anatomie Pathologique, Hôpital Beaujon, Clichy (2) Fédération d'Hépato-Gastroentérologie médico-chirurgicale, Hôpital Beaujon, Clichy Mots clés :
ObjectifLa stéatose compromet la reprise fonctionnelle précoce des greffons hépatiques (GH). A distance de la transplantation, l'impact de la stéatose initiale du donneur est moins bien connu. Le but de cette étude a été d'évaluer le devenir des GH stéatosiques à distance de la transplantation hépatique (TH) et de déterminer si la stéatose initiale constitue un facteur de risque de stéatose ou d'autres lésions hépatiques chez le receveur.
Patients et MéthodesCent quatorze malades ayant eu une TH (71 H, 43 F) entre 1990 et 1999 et ayant survécu au mois 1 an après la TH ont été étudiés. Trente malades (26 %) ont reçu un GH cadavérique avec une stéatose macro vacuolaire > 30 % (Groupe 1) et les 84 (74 %) autres malades ont reçu un GH non stéatosique (n = 74) ou comportant mois de 30 % de stéatose (n = 10) (Groupe 2). Tous les malades ont eu une biopsie de revascularisation du greffon et une biopsie à 1 an.
RésultatsLes indications de transplantation, l'âge et le sexe étaient comparables dans les 2 groupes. L'indice de masse corporelle (IMC) au moment de la TH était significativement plus élevé dans le Groupe 1 que dans le Groupe 2 (26 ± 6 vs 24 ± 3, p = 0,008). Un an après la TH, seuls 19 malades (17 %) avaient toujours une stéatose > 30 %. Les facteurs prédictifs d'une stéatose à 1 an étaient l'IMC élevé (29 ± 5 vs 24 ± 5, p = 0,001), la prise de poids dans la première année après la TH (8 ± 13 vs 1 ± 9 kg, p = 0,008) et l'existence d'une dyslipidémie (20 vs 3 %, p = 0,04). En revanche, la stéatose initiale du greffon (Groupe 1 vs Groupe 2), la consommation d'alcool (10 vs 6 %), l'existence d'un diabète (37 vs 20 %) et l'infection par le VHC (42 vs 24 %) n'avaient pas d'influence significative sur la stéatose à 1 an. Paradoxalement, 1 an après la TH, les malades du Groupe 1 (GH initialement stéatosique) avaient significativement moins fréquemment une fibrose que les malades du Groupe 2 (17 vs 40 % , p = 0,02). Chez les malades infectés par le VHC, ni la stéatose initiale du GH ni la stéatose à un an n'avaient d'influence significative sur la fibrose. Parmi les malades qui avaient un ou plusieurs facteurs de risque de stéatose à 1 an, seuls 24 % avaient effectivement une stéatose.
ConclusionLes résultats de cette étude suggèrent : (a) que la stéatose du GH à 1 an dépend essentiellement de facteurs ayant trait au receveur et non à la stéatose initiale du donneur, (b) qu'un quart des malades ayant des facteurs de risque de stéatose à 1 an ont effectivement une stéatose, (c) que la stéatose initiale du greffon ne favorise pas le développement d'une fibrose en cas d'infection par le VHC et que (d) en général, les GH stéatosiques ne sont pas associés à une fibrose plus importante à 1 an.
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