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Prise en charge des tumeurs kystiques épithéliales du pancréas : analyse d'une série monocentrique de 48 cas
JR Legros(3) , F Lepessot(1) , M Scotté(2) , F Michot(3) , P Ténière(3) (1) Laboratoire d'Anatomie Pathologique, CHU, Rouen (2) INSERM U519, Faculté de Médecine et de Pharmacie, Rouen (3) Service de Chirurgie Générale et Digestive, CHU, Rouen Mots clés :
IntroductionLa découverte d'une tumeur kystique du pancréas chez un patient peu voire asymptomatique est une éventualité de plus en plus fréquente qui peut amener à proposer une exérèse pancréatique pour des lésions qui sont pourtant le plus souvent bénignes. Le but de ce travail a été d'évaluer l'apport des différents examens complémentaires dans la prise en charge de ces tumeurs et d'analyser les traitements réalisés ainsi que leurs résultats.
Patients et MéthodesCette étude rétrospective rapporte 48 cas de tumeurs kystiques épithéliales du pancréas opérés de1988 à 2003.
RésultatsCes tumeurs se répartissent en : 16 cystadénomes séreux, 10 cystadénomes mucineux, 4 cystadénocarcinomes mucineux et 18 TIPMP dont 11 au stade de carcinome. Quarante échographies abdominales et 43 tomodensitométries pancréatiques ont été réalisées. Une écho-endoscopie pancréatique a été réalisée en complément chez 27 patients et associée à une ponction pour 4 d'entre eux. Dans 7 cas, une wirsungo-IRM ou une CPRE a été pratiquée. Ces différentes explorations ont permis de proposer un diagnostic pré-opératoire précis et exact dans 16 cas (33 %). Cependant, chez 7 patients porteurs d'un cystadénome séreux asymptomatique, une intervention a été nécessaire devant la persistance d'un doute diagnostique. L'intervention a été une duodéno-pancréatectomie céphalique dans 22 cas, une spléno-pancréatectomie gauche dans 17 cas (dont 4 conservations spléniques). Une résection limitée a été réalisée chez 8 patients (4 pancréatectomies médianes, 4 énucléations). Une biopsie chirurgicale a été réalisée chez 1 patiente. La mortalité était de 4,2 % et la morbidité de 39,6 % nécessitant une reprise chirurgicale chez 20,8 % des patients. La morbidité était plus élevée en cas de pancréatectomie limitée, mais aucune séquelle « pancréatoprive » à long terme n'a été observée dans ce groupe de 8 patients versus 32 % chez les 40 patients restants. L'évolution à distance a été favorable chez tous les patients porteurs d'une lésion bénigne. Tous les patients atteints d'une forme maligne (TIPMP ou cystadénocarcinomes) et décédés du fait d'une évolution tumorale présentaient un envahissement ganglionnaire. Tous les patients ayant survécu plus de 12 mois sans récidive tumorale ne présentaient aucun envahissement ganglionnaire.
ConclusionLa prise en charge diagnostique des tumeurs kystiques du pancréas nécessite la réalisation de plusieurs examens dont l'association permet d'affiner le diagnostic pré-opératoire. Si les cystadénomes séreux asymptomatiques ne nécessitent pas de résection, les formes malignes de tumeurs kystiques doivent être traitées par une exérèse pancréatique réglée avec un curage ganglionnaire à visée pronostique permettant l'inclusion des patients dans des protocoles de traitement adjuvant. Les lésions bénignes peuvent être traitées par une pancréatectomie limitée (pancréatectomie médiane, énucléation) évitant à long terme les séquelles « pancréatoprives ».
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