© SNFGE, 2004
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 5 avril 2004
Poster


Etude prospective analytique sur 2 mois de la tolérance des Endoscopies Digestives Hautes (EDH) réalisées au CHU de Limoges

A Roziere(1) , F Cessot(1) , N Pichon(1) , N Bouarioua(1) , JF Vincencisini(1) , JB Ngomirakiza(1) , S Seillan(1) , D Sautereau(1) , A Le Sidaner(1) , M Debette Gratien(1)

(1) Service de Gastroentérologie, Hôpital Dupuytren, Limoges


Mots clés :
2 Assurance Qualité
91 Diagnostique
92 Thérapeutique


 But

Nous avons comparé la tolérance des patients chez qui il était réalisé une endoscopie digestive haute (EDH) sous anesthésie générale (AG) et locale (AL). Nous avons déterminé des facteurs prédictifs de mauvaise tolérance sous AL, permettant d'isoler des sous-groupes de patients pour qui l'AG pouvait être proposée en première intention.

 

 

 

 Patients et Méthodes

Nous avons étudié de façon prospective 322 patients sur 2 mois bénéficiant d'une EDH. Tous les patients de 15 ans ou plus et interrogeables étaient inclus au fur et à mesure des procédures. Un questionnaire de données était réalisé avant l'examen ; le comportement du patient était observé pendant la procédure. Divers paramètres étaient relevés : la saturation en O2, la durée et la qualité technique de l'examen, les diagnostiques endoscopiques, les biopsies et les traitements locaux. La tolérance était évaluée à la fin de l'examen à l'aide d'une échelle visuelle analogique ainsi que d'un questionnaire sur les effets indésirables. L'empressement à recommencer la procédure selon les délais et l'anesthésie était aussi noté.

 

 

 Résultats

Trois cent vingt deux patients ont été inclus : 153 femmes (47,5%) et 169 hommes (52,4%). La moyenne d'âge était de 59 ans (déviation standard : 17,6 ; extrêmes : 15 à 97 ans). Notre population comptait 29 % de tabagiques et 65,5 % d'anxieux. Vingt pour cent avaient une obstruction nasale. Soixante et un pour cent avaient déjà bénéficié d'une ou plusieurs EDH auparavant ; 63,8 % l'avaient bien toléré. 86,4 % des examens actuels avaient été réalisés sous AL contre 8,3 % sous AG. 8,7 % des procédures avaient été réalisés en urgence, 63 % chez des patients hospitalisés et 92,5 % avec des endoscopes de calibres normaux. La durée moyenne des examens sous AG comme sous AL était de 5 minutes ; les qualités techniques étaient comparables sous les 2 modes anesthésiques. La tolérance des procédures était significativement meilleure sous AG que sous AL pour tous les facteurs étudiés : sexe, âge, statut tabagique ou anxieux, désaturation, obstruction nasale, antécédent d'EDH et tolérance antérieure. Les facteurs associés avec une mauvaise tolérance sous AL étaient : l'âge jeune, l'anxiété, la désaturation sévère, l'obstruction nasale, la sensibilité pharyngée exacerbée, les antécédents d'EDH mal tolérées, le fait d'avoir une EDH sous AL alors qu'on la souhaitait sous AG, l'appréhension de l'examen, l'endoscope de gros calibre (> 12,5 mm). Moins de la moitié des patients ayant eu l'examen sous AL, étaient prêts à recommencer la procédure sur le champ contre 71 % des patients sous AG ; 66,3 % des patients ayant eu l'examen sous AL souhaitaient répéter le prochain de la même façon, contre 97 % des patients sous AG.

 

 

 Conclusion

Cette étude montre qu'il est difficile de proposer systématiquement une AG à tous les patients bénéficiant d'une EDH. Il est donc nécessaire d'avoir des facteurs prédictifs d'intolérance sous AL, afin de cibler les sous-groupes à risque pour lesquels l'AG est une bonne indication.

 

 


 

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