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Alimentation orale liquidienne précoce au cours des lésions caustiques sténosantes de l'osophage : une alternative à la mise au repos du tube digestif supérieur
N Oumnia(1) , M Lahcene(1) , A Tebaibia(1) , B Touchene(1) (1) Service de médecine Interne, CHU Kouba, Alger, Algérie Mots clés :
ObjectifL'alimentation orale est classiquement prohibée dans les lésions caustiques aiguës sévères du tube digestif supérieur (TDS). Les apports sont alors assurés par voie parentérale ou entérale, en particulier par jéjunostomie. Le but de notre travail est d'évaluer l'intérêt de l'alimentation orale liquidienne précoce et exclusive dans les lésions caustiques sténosantes osophagiennes et de préciser son impact sur les résultats de la dilatation .
Patients et MéthodesCe travail contrôlé, non randomisé, a porté sur 65 patients vus précocement après l'ingestion du produit caustique et qui ont tous développé une sténose osophagienne. Après l'endoscopie initiale, seuls les malades présentant un stade IIB ou IIIA sont retenus ; les stades avec nécrose étendue (osophagienne et / ou gastrique) sont exclus. Deux groupes sont individualisés : un groupe recevant une alimentation liquidienne stricte et précoce (G1) (n = 35), un groupe avec exclusion de l'alimentation orale et mise au repos du TDS (G2) (n = 30). Tous ces patients sont ensuite surveillés jusqu'à l'apparition de la sténose osophagienne et dilatés 30 à 35 jours après l'ingestion du produit caustique. Le résultat de la dilatation est jugé après un suivi minimal d'un an, sur l'évolution de la dysphagie, le diamètre de la sténose et le nombre de séances de dilatation.
RésultatsAu cours du suivi, 3 patients sont perdus de vue, 6 sont décédés de causes diverses (1 dans le groupe G1 et 5 dans le groupe G2, dont 2 suites à la jéjunostomie). Les résultats sont analysés sur 56 patients (G1 : n = 31, G2 : n = 25). Les deux groupes sont statistiquement comparables pour l'âge, le sexe, le type de produit caustique et la sévérité de la sténose. Le nombre moyen de séances de dilatation est de 10 ± 5,3 dans le groupe G1 vs 8 ± 3,6 dans le groupe G2 sans différence statistiquement significative. Les résultats à long terme sont très bons avec respectivement 87 vs 92 % de succès (p < 0,93). Un cas de perforation est enregistré dans chaque groupe. Aucun malade n'a nécessité de plastie osophagienne.
ConclusionNotre étude montre que l'alimentation orale liquidienne stricte et précoce ne semble pas aggraver les lésions caustiques osophagiennes, ni altérer les résultats de la dilatation. En outre, elle est simple à réaliser, peu coûteuse, permet un apport nutritionnel satisfaisant et évite l'hospitalisation et les incidents ou accidents liés à l'alimentation artificielle en particulier les complications de la jéjunostomie qui peuvent être graves, parfois mortelles.
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