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Résultats à long terme de la résection endoscopique par mucosectomie des dysplasies sévères(DS) et cancers superficiels épidermoïdes de l'osophage
M Giovannini(2) , J Boyer(1) , JC Feuhoo(1) , P Burtin(1) , E Bories(2) , C Pesenti(2) , C Danisi(2) , G Monges(3) , A Croué(4) (1) Service de Gastroentérologie, CHU, Angers (2) Unité d'Endoscopie, Institut Paoli Calmettes, Marseille (3) Laboratoire d'Anatomie Pathologie, Institut Paoli Calmettes, Marseille (4) Laboratoire d'Anatomie Pathologie, CHU, Angers Mots clés :
IntroductionAu Japon, le traitement par mucosectomie est le traitement de référence des dysplasie sévères (DS) et carcinomes épidermoides osophagiens superficiels. En Europe, aucune étude évaluant à long terme la mucosectomie dans cette indication n'a été jusqu'à ce jour publiée. Les objectifs de ce travail ont été d'évaluer à court terme et à long terme les résultats de la mucosectomie dans les DS et carcinomes superficiels en regroupant 2 séries homogènes quant aux modalités de suivi traitées dans 2 centres : (centre 1 : Marseille, centre 2 : Angers)
Patients et MéthodesVingt neuf patients (26H, 3F) d'âge moyen 60,4 ± 10,9 porteurs d'une DHG et/ou d'un carcinome épidermoide superficiel ont été traités de janvier 1997 à janvier 2003 avec une date de fin de suivi au 1er septembre 2003 (centre 1 : 18 pts ; centre 2 : 11 pts). Le bilan initial a comporté une endoscopie haute avec lugol et une échoendoscopie avec minisonde de 20 MHz. La décision de traitement endoscopique était décidée après avis multidisciplinaire chez des patients à haut risque chirurgical ou refusant la chirurgie. La mucosectomie était réalisée selon la technique traction aspiration (centre 1) et par aspiration section (centre 2). Tous les patients avaient un contrôle endoscopique avec lugol et biopsies à 1 mois, 3 mois, puis tous les 6 mois.
RésultatsTrente quatre lésions ont été détectées : 29 carcinomes et 5 DHG ; 23 lésions étaient classées usT1aN0, et 11 usT1bN0. Cinq pts avaient 2 lésions synchrones. Vingt huit lésions avaient un diamètre < 2 cm et 6 un diamètre > 2 cm. Une résection complète a été obtenue chez 28 pts (96,5 %) après 2 mucosectomies chez 2 patients et 3 chez 1 patient ; aucune complication sévère a été observée. La moyenne de suivi était de 242 ± 21 semaines. Une récidive tumorale a été notée chez 3 pts (10,9 %) : 1 patient est décédé de métastases à 48,3 semaines ; les 2 autres ont été traités par mucosectomie et radio chimiothérapie et sont en rémission à la date de point. Trois autres patients ont présenté des métastases à 52,3, 74,8 et 78,4 semaines d'évolution : 2 sont décédés, 1 patient en rémission sous chimiothérapie à la date de point. La survie spécifique à 1 an était de 95,5 % et à 5 ans de 83,9 %. En analyse univariée, aucun facteur pronostique notamment, la taille , le stade EUS, le type histologique de la tumeur ne se sont révélés influencer la survie et la récidive locale, ceci en raison probablement du faible effectif de notre série.
ConclusionLa mucosectomie osophagienne est une technique à faible morbidité du fait de son efficacité. Elle constitue une alternative à la chirurgie en cas de carcinome superficiel de l'osophage chez les patients à risque opératoire élevé ; toutefois, compte tenu des risques de récidive, les patients doivent être soumis à une surveillance endoscopique rigoureuse et prolongée. Une étude prospective incluant un plus grand nombre de patients est nécessaire pour mettre en évidence des facteurs pronostiques à prendre en compte avant de poser l'indication de ce type de traitement.
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