© SNFGE, 2004
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 6 avril 2004
Symposium


La leptine ne stimule pas la croissance de xénogreffes de cellules cancéreuses coliques humaines chez les souris nues ni celle de tumeurs intestinales chez la souris ApcMin/+

T Aparicio(1) , L Kotolovets(1) , A Tsocas(1) , JP Laigneau(1) , E Chastre(1) , T Lehy(1)

(1) Unité INSERM 410, Faculté Xavier Bichat, Paris


Mots clés :
53 Facteurs De Croissance
61 Prolifération, Carcinogenèse
80 Physiologie, Biologie Cellulaire


 Introduction

Récemment, il a été rapporté que la leptine, hormone impliquée dans la prise alimentaire, est aussi impliquée dans la régulation de certaines fonctions digestives (1,2). Nous avons montré qu'in vivo elle a une action complexe sur le côlon de rat puisqu'elle stimule la prolifération cellulaire épithéliale mais inhibe la formation de foyers de cryptes aberrantes induite par l'azoxymethane. But : Vérifier l'action de la leptine a) sur la prolifération d'une lignée cellulaire colique humaine in vitro et in vivo, après xenogreffe chez la souris nue et b) sur le développement des tumeurs intestinales apparaissant spontanément chez la souris ApcMin/+.

 Matériels et Méthodes

La lignée HT-29 a été cultivée en présence de concentrations croissantes de leptine (20 à 500 ng/ml). In vivo, la leptine (800 µg/kg/j), ou son solvant, a été administrée en sous-cutanée (s.c.) par minipompes pendant 28 jours chez des souris nues, inoculées en s.c. à J0 avec 107 cellules HT-29 dans le flanc droit, et pendant 45 jours chez des souris ApcMin/+. La ration alimentaire journalière des souris témoins a été restreinte à celle des souris traitées. Les tumeurs ont été mesurées journellement au pied à coulisse pour les souris nues et pesées à J28 (sacrifice). Chez les souris ApcMin/+, les tumeurs visibles à J45 (sacrifice) dans l'intestin grêle et le côlon ont été quantifiées et leur taille mesurée au microscope.

 

 Résultats

L'isoforme fonctionnelle du récepteur de la leptine, Ob-Rb, est présente dans les cellules HT-29 et phosphorylée de façon optimale après 2 min d'incubation en présence de 100 ng/ml de leptine. In vitro, la leptine à 50 et 100 ng/ml stimule significativement l'incorporation de T-3H et la prolifération des cellules HT-29. In vivo, chez les souris nues, l'administration continue de leptine augmente les niveaux de leptine plasmatique d'un facteur 4,3 à J28 : 9,1 ± 2,4 vs 2,1 ± 0,4 ng/ml, p < 0,0003. Cependant, cette hyperleptinémie n'entraîne pas d'augmentation significative de la croissance volumique des xénogreffes de cellules HT-29. Le poids des tumeurs à J28 est 689 ± 99 mg vs 663 ± 149 mg (NS). Les résultats préliminaires obtenus chez les souris ApcMin/+ indiquent que le nombre des tumeurs chez les souris traitées par la leptine (117 ± 12,5) et les souris témoins (118 ± 27) sont comparables et leur répartition en taille est identique.

 

 Conclusion

Bien que la leptine stimule la prolifération de cellules cancéreuses coliques in vitro, nos résultats indiquent que, dans les modèles que nous avons utilisés, elle n'a pas d'action sur la promotion de la tumorogenèse colique in vivo.

 


 

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