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Intérêts de la Sédation contrôlée par le patient pendant la coloscopie
T Crépeau(2) , L Poincloux(2) , C Bonny(2) , F Artigue(2) , P Walleckx(1) , JE Bazin(1) , M Dapoigny(2) , G Bommelaer(2) (1) Département d'Anesthésie Réanimation, CHU, Clermont-Ferrand (2) Service de Gastroentérologie, CHU, Clermont-Ferrand Mots clés :
IntroductionEn France, la coloscopie est pratiquement toujours réalisée sous anesthésie ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays. Cette pratique alourdit la procédure et augmente les coûts. Notre objectif était d'évaluer la possibilité d'alléger la prise en charge anesthésique en utilisant la Sédation Contrôlée par le Patient (SCP).
Patients et MéthodesL'étude s'est déroulée durant 41 semaines consécutives. Sur 402 patients devant bénéficier d'une coloscopie, on a proposé à 173 d'entre eux de participer : 72 ont accepté et ont été randomisés. Ceux du groupe contrôle recevaient une « sédation intra-veineuse continue » (C) administrée par un anesthésiste. Dans le groupe « SCP », les patients commandaient eux-même l'injection de bolus de Propofol à l'aide d'une pompe d'auto-administration et sous la surveillance d'un anesthésiste. Le critère de jugement principal était la satisfaction du malade évaluée sur une échelle visuelle analogique (de 0 mm = pas du tout satisfait à 100 mm = très satisfait) 4 heures après la coloscopie.
RésultatsIl n'y avait pas de différence concernant l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, les antécédents de coloscopie et de chirurgie pelvienne ou colique entre les deux groupes. Il y a eu 2 échecs de la SCP (5,7 %), nécessitant l'intervention de l'anesthésiste pour terminer l'examen. Les scores moyens de satisfaction des 2 groupes n'étaient pas significativement différents : 91,5 mm (C) vs 84,7 mm (SCP). Les doses moyennes de Propofol délivrées (60 mg vs 248 mg ; p < 0,001), la profondeur de sédation et le nombre d'heures de surveillance (1,75 vs 4,45) étaient significativement plus faibles pour les patients du groupe SCP ; 9 (25,7 %) d'entre eux n'ont eu aucune anesthésie. Les temps d'examen (19,4 min (SCP) vs 18 min (C)), la difficulté de réalisation et le nombre de polypectomies n'étaient pas différent entre les deux groupes. A 15 jours, 96,5 % des patients du groupe SCP acceptaient un futur examen dans les mêmes conditions contre 72,5 % dans le groupe « sédation continue » (p = 0,03).
ConclusionCette étude montre que la SCP est une méthode satisfaisante pour les patients et applicable en pratique courante. Elle démontre que les besoins en anesthésie sont largement surestimés. Nos résultats apportent des arguments de poids dans la discussion sur la sédation par des non-anesthésistes et devraient nous inciter à proposer plus souvent aux patients ce mode de sédation.
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