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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 6 avril 2004
Communication Orale


Intoxication par l'amanite phalloïde : critères pronostiques et indications de transplantation hépatique

L Escudié(2) , C Francoz(2) , JP Vinel(1) , D Sommacale(2) , A Sauvanet(2) , J Belghiti(2) , D Valla(2) , F Durand(2)

(1) Service d'Hépato Gastroentérologie, Hôpital Purpan, Toulouse
(2) Fédération d'Hépato-Gastroentérologie médico-chirurgicale, Hôpital Beaujon, Clichy


Mots clés :
46 Hépatotoxicité, Pharmacologie
48 Chirurgie Hépatobiliaire, Transplantation
45 Ascite, Encéphalopathie


 Introduction

L'intoxication par l'amanite phalloïde est une cause rare mais parfois mortelle d'insuffisance hépatique aiguë. Seuls certains patients développent une insuffisance hépatique grave et pour ceux-ci, les critères habituels de transplantation hépatique (TH) semblent peu adaptés. Les objectifs de cette étude ont été de rechercher des facteurs pronostiques au cours de l'intoxication par l'amanite phalloïde, de tester la validité des critères habituels de transplantation (critères de Clichy, facteur V < 30 % si plus de 30 ans ou < 20 % si moins de 30 ans et encéphalopathie) et de tenter de déterminer des critères mieux adaptés.

 

 

 Patients et Méthodes

Vingt cinq malades consécutifs hospitalisés dans 2 centres pour une intoxication par l'amanite phalloïde entre 1993 et 2002 ont été étudiés. Il s'agissait de 13 hommes et 12 femmes d'un âge moyen de 49 ans (extrêmes : 19-77 ans). L'intervalle moyen entre l'ingestion et l'hospitalisation était de 31 ± 19 heures.

 

 

 Résultats

Parmi ces 25 malades, 15 ont développé une insuffisance hépatique sévère (facteur V et/ou TP < 50 % sans encéphalopathie), 6 ont eu une insuffisance hépatique fulminante (facteur V et/ou TP < 50 % et encéphalopathie) et 4 ont n'ont pas eu d'insuffisance hépatique. Parmi les 6 malades ayant une insuffisance hépatique fulminante, 3 ont été transplantés (dont un seul a survécu), un est décédé avant la transplantation et 2, récusés pour la TH sont décédés. Les facteurs prédictifs d'une évolution défavorable (TH et/ou décès) étaient le sexe féminin (7/7 vs 5/18, p = 0,001), un intervalle court entre l'ingestion de l'amanite et l'apparition de la diarrhée (7 h vs 12 h, p = 0,001), le taux de prothrombine le plus bas (5 % vs 30 %, p = 0,0003), l'évolution biphasique des transaminases (traduisant les conséquences hépatiques d'un choc initial suivies de la toxicité de l'amanite, 4/7 vs 1/18, p = 0,01) et l'encéphalopathie (5/7 vs 1/18, p < 0,0001). Toutefois, l'intervalle entre l'encéphalopathie et le décès ou la TH était dans tous les cas < 24 h. Parmi les 7 malades qui sont décédés ou transplantés, 5 seulement avaient les critères de TH. Parmi les 18 malades qui ont survécu spontanément, un avait les critères de TH.

 

 

 Conclusion

Cette étude confirme que la mortalité des insuffisances hépatiques secondaires à une intoxication par l'amanite phalloïde est de l'ordre de 25-30 %. Les critères de transplantation habituels sont imparfaits car l'encéphalopathie n'est pas constante et lorsqu'elle est présente, le décès survient dans un intervalle de temps très court, ne permettant pas toujours la réalisation de la transplantation. En l'absence d'encéphalopathie, une transplantation doit être fortement envisagée lorsque l'intervalle entre l'ingestion et le début des manifestations est < 8 h, le TP est < 20 % dans les 3 jours qui suivent l'ingestion, les transaminases évoluent sur un mode biphasique, en particulier s'il s'agit d'une femme.

 

 


 

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