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Modulations de la réponse immune pour la thérapie génique des maladies héréditaires du foie
J Puppi(2) , C Guillonneau(1) , I Anegon(1) , N Ferry(2) (1) INSERM U437, CHU, Nantes (2) Institut des maladies de l'appareil digestif, CHU, Nantes Mots clés :
IntroductionLa thérapie génique des maladies héréditaires du foie est limitée par la réponse immunitaire dirigée contre les épitopes de la protéine thérapeutique codée par le transgène. Le but de ce travail a été d'évaluer à long terme différentes stratégies cliniquement acceptables (blocage de la voie de co stimulation et utilisation d'un analogue de la deoxyspergualine) permettant d'induire un état de non-réponse vis-à-vis d'une protéine marqueur, la ß-galactosidase (ß-gal) d'E.coli après transfert de gène dans le foie in vivo à l'aide de vecteurs rétroviraux.
Matériels et MéthodesNous avons utilisé des rats mâles de souche Sprague Dawley. Le transfert de gènes dans le foie était réalisé le lendemain d'une hépatectomie partielle par injection intra veineuse des vecteurs rétroviraux ß-gal. Un premier groupe d'animaux recevait un inhibiteur de la voie de co stimulation formé du domaine extra cellulaire du CTLA-4 de souris lié au fragment Fc des IgG1 humaines (CTLA4-Ig). Le CTLA4-Ig était administré soit sous forme protéique à différentes concentrations à J0, J2, J4, J6 et J8 après le transfert de gène, soit en utilisant un vecteur adénoviral recombinant codant le CTLA4-Ig et injecté par voie intra musculaire le même jour que l'administration des rétrovirus. Le deuxième groupe d'animaux recevait un analogue de la deoxyspergualine, le LF15-0195 injecté par voie intra péritonéale tous les jours pendant 20 jours à partir de l'injection des rétrovirus recombinants. L'existence d'une réponse immunitaire dirigée contre la ß-gal était évaluée par dosage sérique des anticorps anti- ß-gal et l'analyse de la disparition des hépatocytes transduits dans le foie.
RésultatsChez les animaux recevant le CTLA4-Ig sous forme protéique, tous les rats traités à la dose de 20 ug/kg avaient des anticorps avant J35. A la dose de 100 ug/kg, un animal sur 6 n'avait pas d'anticorps à J120. Dans le groupe d'animaux traités à 1 mg/kg, deux animaux sur 4 n'avaient pas de réponse à J90. Dans le groupe qui recevait une injection d'adénovirus, 8 animaux sur 9 n'avaient pas d'anticorps. Cependant, les dosages de CTLA4-Ig circulant montraient une sécrétion permanente de CTLA4-Ig après injection d'adénovirus. Dans le groupe d'animaux traités par le LF15-0195, deux animaux sur 5 exprimaient toujours la ß-galactosidase à J100 en l'absence d'anticorps à haut titre. Dans tous ces groupes, l'expression hépatique de la ß-gal était présente uniquement chez les animaux qui n'avaient pas d'anticorps anti ß-gal.
ConclusionNos résultats montrent que la réponse immunitaire dirigée contre le produit du transgène qui est induite par l'injection de rétrovirus recombinants est puissante. Elle est partiellement antagonisée par des molécules qui induisent une tolérance dans des modèles d'allogreffe. Cette réponse immune doit être prise en compte dans les stratégies de thérapie génique des maladies héréditaires du foie.
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