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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 6 avril 2004
Communication Orale


Risque actuariel de malignité des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas

V Jouannaud(2) , P Lévy(2) , A Couvelard(1) , D Cazals-Hatem(1) , L Palazzo(2) , A Sauvanet(2) , F Maire(2) , D O'toole(2) , O Hentic(2) , P Hammel(2) , P Ruszniewski(2)

(1) Service d'Anatomie Pathologie, Hôpital Beaujon, Clichy Cedex
(2) Fédération Médico-Chirurgicale d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Beaujon, Clichy Cedex


Mots clés :
70 Pancréas Exocrine
64 Epidémiologie


 Introduction

Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas (TIPMP) ont un risque élevé de malignité (20-70 %) qui n'a été quantifié que sur des études transversales. Le risque longitudinal (fonction du temps) n'a jamais été évalué. But de l'étude : calculer le risque actuariel de malignité à partir du premier signe clairement imputable à la TIPMP.

 

 

 Patients et Méthodes

Tous les malades ayant une TIPMP prouvée histologiquement ou très probable sur l'imagerie (lésion(s) kystique(s) communicante(s)) ont été inclus. La durée d'évolution a été définie par l'intervalle entre le premier signe imputable à la TIPMP (douleur pancréatique, pancréatite aiguë, insuffisance pancréatique, ictère, découverte fortuite) et la date de l'intervention, du diagnostic de cancer invasif ou des dernières nouvelles dans les formes non opérées non dégénérées. Le risque actuariel de survenue d'une lésion de stade au moins égal à une dysplasie de bas grade (DBG), de haut grade (≥ DHG) ou de cancer invasif (CI) a été calculé par la méthode de Kaplan-Meier. Les courbes de risque actuariel en fonction du sexe, des antécédents de pancréatite aiguë, de la taille de la lésion et de l'atteinte ou non du canal pancréatique principal (CPP) ont été comparées par la méthode du Logrank.

 

 

 Résultats

106 malades (H/F : 49/57 ; âge médian au premier signe : 61 ans) ont été inclus avec une TIPMP certaine (n = 76) ou très probable (n = 30). Le premier signe imputable à la TIPMP a été : douleurs pancréatiques (n = 28), pancréatite aiguë (n = 27), ictère (n = 6), stéatorrhée (n = 4), autres (n = 2), découverte fortuite (n = 39). La TIPMP atteignait le CPP (n= 53 dont 15 CPP avec un diamètre > 10 mm) avec ou sans atteinte des canaux secondaires (CS) ou exclusivement les CS (n= 53 dont 4 CS avec un diamètre > 30 mm). La durée médiane d'évolution était de 21 mois [extrêmes : 0-241]. Parmi les malades non opérés, le suivi médian après le diagnostic de TIPMP était de 18 mois [0-78]. Les risques actuariels de survenue d'un stade ≥ DBG, ≥ DHG, CI étaient respectivement 50, 33 et 22,5 % à 5 ans. A 10 ans, ces chiffres étaient de 67, 49 et 29 %. Seule, l'atteinte du CPP était significativement associée au risque de malignité. Le risque de survenue d'un stade ≥ DHG était de 45 et 50 % à 2 et 5 ans dans le groupe CPP +/- CS et 10 et 15 % dans le groupe CS exclusifs (p < 0,001). Le sexe féminin, l'existence d'une pancréatite aiguë, la taille maximale du CPP ou des CS n'étaient pas associés à un surisque de forme maligne, probablement par manque de puissance statistique pour certains d'entre eux.

 

 

 Conclusion

Cette étude permet pour la première fois d'évaluer le risque actuariel de malignité des TIPMP. Ce risque est faible en cas d'atteinte exclusive des CS, ce qui justifie une attitude non systématiquement chirurgicale dans ce groupe de patients.

 

 


 

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