Résumé selectionné |
||||
|
||||
L'hépatocarcinome en France : épidémiologie, étiologie, traitement et survie
F Borie(1) , B Trétarre(1) , AM Bouvier(1) , G Launoy(1) , J Faivre(1) , F Menegoz(1) , AV Guizard(1) , M Velten(1) , A Buemi(1) , J Peng(1) , P Grosclaude(1) , JP Daurès(1) Réseau français des registres de cancers ; (FRANCIM) (1) Registre des tumeurs de l'Hérault et FRANCIM, Centre de Recherche, Montpellier Mots clés :
IntroductionL'incidence de l'hépatocarcinome (HC ) est en augmentation en France. Pour rendre compte de la pratique et de l'efficacité du système de santé, une évaluation de la prise en charge et de la survie de l'HC a été réalisée.
Patients et MéthodesDu 1° janvier 1997 au 31 décembre 1998, 1 143 cas de cancers primitifs du foie ont été recensés dans 10 départements français ; 795 était des HC (sex ratio 5,9, âge moyen 67,5 ans). Le recueil des caractéristiques clinico-pathologiques (âge, sexe, mode de découverte, hépatopathies, classification de Child-Pugh et Okuda, taux de l'alpha-foetoprotéine ( FP), taille et nombre de tumeur) et des modalités des prise en charge a permis une analyse des pratiques et de la survie à 5 ans.
RésultatsLes taux d'incidence variaient de 6,9 (Manche) à 12,2 pour 100 000 (Saône et Loire) (moyenne de 10,1). Cinq cent quatre vingt dix neuf patients (76 %) avaient une cirrhose d'origine alcoolique (62 %), alcoolo-virale (3 %), virale (20 %; B 5 %, C 14 %), hémochromatosique (3 %) et autres (1 %). Les origines alcoolique et virale de la cirrhose variaient respectivement de 33 % et 0 % à 88 % et 54 % d'un département à l'autre. Le diagnostic a été fait par l'examen histologique dans 73% des cas et l ' FP > 200 ng/mL dans 27 % des cas. Cent soixante dix-neuf patients (22,5 %) ont eu un traitement à visée curative : 116 résections, 26 transplantations et 37 alcoolisations. En analyse multivariée, le traitement à visée curative était dépendant de l'âge, du mode de découverte, du stade d'Okuda (et de Child-Pugh pour les HC sur cirrhose), de l'existence d'une cirrhose, de la structure de prise en charge, de la taille et du nombre de tumeurs. Parmi les patients ayant eu un traitement palliatif (n = 610), 21 patients avaient une chimiothérapie, 88 une chimio-embolisation, 9 une injection de lipiodol radioactif, 161 une hormonothérapie, 318 (52 %) un traitement symptomatique. Les taux de survie à 5 ans des patients ayant eu un traitement à visée curative et palliatif étaient respectivement de 35,5 % et 2 %. Le mode de découverte, le taux d' FP, la taille et le nombre de tumeurs, l'existence de métastase au moment du diagnostic, le stade d'Okuda et la structure de prise en charge étaient des facteurs pronostiques indépendants.
ConclusionOutre le mauvais pronostic, cette étude a révélé l'existence d'une hétérogénéité certaine dans la répartition, dans le traitement et dans la survie de l'HC en France. Une politique de prévention et un meilleur suivi des patients ayant une hépatopathie, et une standardisation des soins pourraient améliorer le pronostic des patients ayant un HC.
|
| ©
SNFGE, |