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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mercredi 7 avril 2004
Poster


Chimiothérapie des cancers colo-rectaux métastatiques (CCRM) : pourquoi ne pas arrêter quand elle marche ?

JL Raoul(1) , F Trivin(1) , J Egreteau(1) , E Boucher(1)

(1) Département d'Oncologie, Centre Eugène Marquis, Rennes


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
68 Côlon, Rectum


 Introduction

Lors des chimiothérapie palliative des CCRM nous proposons au patient une pause une fois obtenue une réponse (RO) ou une stabilité (SD) sous couvert d'une surveillance clinique toutes les 6 semaines puis tomodensitométrie tous les 3 mois. Nous avons voulu , rétrospectivement, évaluer cette pratique.

 

 

 Patients et Méthodes

analyse rétrospective non exhaustive des dossiers des patients ayant un CCRM vus ou suivis dans les 4 ans et ayant eu au moins une pause de chimiothérapie.

 

 

 Résultats

Soixante-deux patients (23 femmes) de 60,9 ± 10,8 ans ayant des métastases de cancers coliques (46) ou rectaux traités à visée palliative (sont exclus les patients réséqués à visée curative) ont bénéficié de pauses. Les pauses sont définies comme des périodes pendant lesquelles une chimiothérapie n'est volontairement pas délivrée ; sont exclues les périodes de soins palliatifs et les arrêts pour effets secondaires. Ces pauses survenaient 1 fois après une seconde ligne et 61 fois dès la première du fait d'une réponse objective (RO) (41) ou d'une stabilisation (SD) (20) après 4,5 mois (médiane) de chimiothérapie (sans différence entre RO et SD); ces premières pauses duraient 6 mois (médiane) ; après 6 mois d'arrêt 52,5 ± 6,4 % (Kaplan-Meier) des patients restaient en pause, 30,7± 6 % après 9 mois et  20,5 ± 5,2 % après 1 an. La durée de la pause était plus longue (Logrank ; p < 0,02) après une RO (médiane > 6 mois) qu'après une SD (médiane = 4 mois). Après cette première pause 57 reprenaient la CT, 35 selon la même association (10 RO - toutes après RO initiale - 14 SD et 8 progression (PD)), 22 selon une autre (8 RO, 13 SD et 1 PD). Après ce second cycle, 40 avaient une nouvelle pause de 5 mois en médiane (29,5 ± 7,4 % à M6 et 13 % à M12 étaient encore en pause) ; 32 avaient un troisième cycle (de 3 mois en médiane) et 13 ensuite une pause (médiane = 4 mois) ; 9 reprenaient le traitement (6 mois) et 5 avaient une nouvelle pause (4 mois). Au total dans cette population la durée médiane de traitement était de 8,5 mois (extrêmes : 3 à 30 mois) et celle des pauses de 11 mois (extrêmes : 1 à 75). En valeur médiane la durée des pauses était 1,3 fois supérieure à celle des traitements.  Au 10/10/2003, 29 patients étaient décédés, 4 en situation de soins de confort, 14 en pause et 15 en cours de traitement. La survie de ces 62 patients était de 95,2 ± 2,7 % à 1 an, de 70,8 ± 6,5 % à 2 ans et de 48 ± 8 % (11 patients exposés) à 3 ans.

 

 

 Conclusion

Cette étude rétrospective nous permet de dire : 1 / qu'il semble possible de faire des pauses thérapeutiques en cas d'efficacité d'une chimiothérapie pour CCRM ;  2/ de les répéter ; 3/ et cela sans évidence de perte de survie. Hors période de soins palliatifs nos patients ont ainsi pu passer plus de temps sans chimiothérapie que sous traitement. Les conséquences en terme de qualité de vie, de dépenses de santé voire de survie globale d'une telle pratique méritent d'être évaluées au cours d'une étude prospective de grande échelle.

 

 


 

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