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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mercredi 7 avril 2004
Poster


Métastases hépatiques des cancers colo-rectaux : incidence, traitement et facteurs pronostiques. Etude de population dans le département du Calvados (1994-1999)

J leporrier(2) , J Maurel(2) , L Chiche(1) , K bouhier(2) , S Bara(2) , H lefevre(2) , P segol(1) , G launoy(2)

(1) Service de Chirurgie Digestive niveau 7, CHU, Caen
(2) Registre des tumeurs digestives du Calvados, Faculté de médecine, Caen


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
64 Epidémiologie
71 Foie, Voies Biliaires


 Introduction

Toutes les études consacrées au traitement et au pronostic des métastases hépatiques d'origine colorectale proviennent de séries hospitalières dont on sait qu'elles sont entachées de biais de sélection. L'objectif de ce travail était d'évaluer, en population, l'incidence, la prise en charge thérapeutique et les facteurs pronostiques de survie.

 

 

 Patients et Méthodes

Mille trois cents vingt cinq cas de cancers colorectaux, diagnostiqués entre le 01/01/1994 et le 31/12/1999 ont été étudiés. L'incidence des métastases a été estimée par la méthode actuarielle. Les facteurs associés au type de traitement réalisé ont été analysés par régression logistique. L'analyse de survie a été réalisée avec un modèle de Cox.

 

 

 Résultats

Vingt et un % des patients ont développé des métastases hépatiques synchrones. L'incidence cumulée des métastases hépatiques métachrones était de 13,5 % à 3 ans. Le traitement a consisté en une résection chirurgicale dans 17,3 % des cas, une chimiothérapie palliative dans 40,2 % des cas, et 42,5 % des patients n'ont reçu qu'un traitement symptomatique. L'âge et le nombre de métastases étaient les facteurs les plus significatifs dans le choix du type de traitement. Le lieu de prise en charge n'avait en revanche aucune influence sur la prise en charge thérapeutique. La médiane de survie globale était de 10,7 mois. Les facteurs pronostiques significatifs étaient : l'âge (p < 0,001), le stade du cancer primitif (p < 0,05), la distribution des métastases dans le foie (p < 0,0001), l'existence d'une autre localisation métastatique (p < 0,01) et  le type de traitement (p < 0,05).

 

 

 Discussion

Il s'agit de la première étude de population réalisée sur ce sujet depuis 20 ans. Il semble, si on se réfère aux rares études de population publiées sur ce sujet que la fréquence des métastases synchrones n'ait pas changé au cours de ces 20 dernières années (encore 1 cancer colorectal sur 5 découvert au stade métastatique), que la fréquence des métastases métachrones soit en diminution (probablement grâce à l'amélioration de la prise en charge thérapeutique du cancer colorectal stade C de Dukes), et que le pourcentage de patient opéré ait augmenté. Cependant l'exérèse chirurgicale n'est encore qu'une alternative thérapeutique et encore trop de patient ne reçoivent q'un traitement symptomatique. L'âge supérieur à 75 ans et un nombre de métastases supérieur à 1 restent encore des facteurs limitants d'une intervention chirurgicale.

 

 

 Conclusion

Les innovations thérapeutiques apparues dans les années 90 se sont traduites par une prise en charge plus agressive. Cependant des progrès sont encore souhaitables et possibles et les recommandations pour la pratique clinique éditées cette année devraient permettre d'améliorer encore la prise en charge de ces patients. Il sera intéressant d'évaluer leur impact dans quelques années, notre étude pouvant servir de référence.

 

 


 

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