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Anoproctectomie pour cancer du très bas rectum : alternative à l'amputation abdominopérinéale
P Rouanet(3) , C Lemanski(2) , P Senesse(1) , F Quénet(3) , M Ychou(1) , JB Dubois(2) , B Saint-Aubert(3) (1) Service d'Oncologie médicale, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier (2) Service de Radiothérapie, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier (3) Service de Chirurgie, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier Mots clés :
IntroductionLes cancers du très bas rectum posent le double problème d'un pronostic oncologique mauvais et du risque de mutilation sphinctérien. Nous présentons notre expérience de 10 ans, à propos de 105 patients inclus dans deux séries prospectives unicentrique (n = 43 ; 90-96) puis multicentrique (n = 62 ; 96-99).
Patients et MéthodesCes patients étaient porteurs d'un adénocarcinome du très bas rectum (distance pôle inférieur-marge anale = 50 mm pour la 1° série, 40 mm pour la seconde) majoritairement classé uT3 (85 %). L'irradiation pré-opératoire associait une radiothérapie pelvienne de 40 Grays et une surimpression tumorale de 20 Grays. La chirurgie conservatrice a été standardisée sous forme d'une anoproctectomie avec un temps abdominal et un temps de dissection endo-anal (mucosectomie, résection intersphinctérienne (RIS) partielle et complète).
RésultatsLe taux de tumeur stérilisée a été de 14 % et 80 % des patients initialement classés uT3 ont été sous-stadés. Respectivement le taux de conservation, le % de RIS et la survie à 5 ans étaient dans chaque série de : 70 %, 30%, 74 % et 85 %, 60 %, 76 %. La régression tumorale a été retrouvée comme le facteur prédictif de survie le plus significatif dans les 2 groupes (p = 0,002). Pour le groupe pT3 après irradiation, la survie des patients amputés était plus péjorative que les patients avec conservation sphinctérienne (p = 0,0011). Avec un suivi moyen de 70 mois, le taux global de récidive locale était de 10,5 %. Les résultats fonctionnels à 7 ans pour la 1° série, notaient 20 % de mauvais résultats. Pour la 2° série, 50 % ont été jugés incontinents (grade III-IV de Kirwan) à 6 mois de recul et 30 % à 36 mois. Nous n'avons retrouvé aucune différence significative en fonction du type de dissection endo-anale. La qualité de vie a été appréciée de façon globale sans impact du type de dissection endo-anale sur ces résultats.
ConclusionSur une période de 10 ans, la comparaison des deux séries montre que le taux d'amputation est passé de 30 % à 15 % alors que la distance moyenne entre le pôle inférieur de la tumeur et la marge anale diminuait de 5 cm à 4 cm. C'est l'augmentation des indications de résection inter-sphinctérienne complète qui a incontestablement permis de diminuer le taux d'amputation. Les résultats fonctionnels à long terme restent stables avec le temps. Les essais prospectifs devront évaluer l'impact de cette chirurgie conservatrice « extrême » sur la qualité de vie.
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