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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mercredi 7 avril 2004
Poster


Anoproctectomie pour cancer du très bas rectum : alternative à l'amputation abdominopérinéale

P Rouanet(3) , C Lemanski(2) , P Senesse(1) , F Quénet(3) , M Ychou(1) , JB Dubois(2) , B Saint-Aubert(3)

(1) Service d'Oncologie médicale, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier
(2) Service de Radiothérapie, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier
(3) Service de Chirurgie, CRLC Val d'Aurelle, Montpellier


Mots clés :
63 Traitement, Pronostic
68 Côlon, Rectum
105 Essais Contrôlés


 Introduction

Les cancers du très bas rectum posent le double problème d'un pronostic oncologique mauvais et du risque de mutilation sphinctérien. Nous présentons notre expérience de 10 ans, à propos de 105 patients inclus dans deux séries prospectives unicentrique (n = 43 ; 90-96) puis multicentrique (n = 62 ; 96-99).

 

 

 Patients et Méthodes

Ces patients étaient porteurs d'un adénocarcinome du très bas rectum (distance pôle inférieur-marge anale = 50 mm pour la 1° série, 40 mm pour la seconde) majoritairement classé uT3 (85 %).

L'irradiation pré-opératoire associait une radiothérapie pelvienne de 40 Grays et une surimpression tumorale de 20 Grays. La chirurgie conservatrice a été standardisée sous forme d'une anoproctectomie avec un temps abdominal et un temps de dissection endo-anal (mucosectomie, résection intersphinctérienne (RIS) partielle et complète).

 

 

 Résultats

Le taux de tumeur stérilisée a été de 14 % et 80 % des patients initialement classés uT3 ont été sous-stadés. Respectivement le taux de conservation, le % de RIS et la survie à 5 ans étaient dans chaque série de : 70 %, 30%, 74 % et 85 %, 60 %, 76 %. La régression tumorale a été retrouvée comme le facteur prédictif de survie le plus significatif dans les 2 groupes (p = 0,002). Pour le groupe pT3 après irradiation, la survie des patients amputés était plus péjorative que les patients avec conservation sphinctérienne (p = 0,0011). Avec un suivi moyen de 70 mois, le taux global de récidive locale était de 10,5 %.

Les résultats fonctionnels à 7 ans pour la 1° série, notaient 20 % de mauvais résultats. Pour la 2° série, 50 % ont été jugés incontinents (grade III-IV de Kirwan) à 6 mois de recul et 30 % à 36 mois. Nous n'avons retrouvé aucune différence significative en fonction du type de dissection endo-anale.

La qualité de vie a été appréciée de façon globale sans impact du type de dissection endo-anale sur ces résultats.

 

 

 Conclusion

Sur une période de 10 ans, la comparaison des deux séries montre que le taux d'amputation est passé de 30 % à 15 % alors que la distance moyenne entre le pôle inférieur de la tumeur et la marge anale diminuait de 5 cm à 4 cm. C'est l'augmentation des indications de résection inter-sphinctérienne complète qui a incontestablement permis de diminuer le taux d'amputation. Les résultats fonctionnels à long terme restent stables avec le temps. Les essais prospectifs devront évaluer l'impact de cette chirurgie conservatrice « extrême » sur la qualité de vie.

 

 


 

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