Résumé selectionné |
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Valeur du marquage immunohistochimique des protéines MSH2 et MLH1 des cancers colorectaux pour la détection des patients atteints de syndrome HNPCC
J Ewald(3) , Y Parc(3) , C Rodrigues(2) , R Delelo(3) , N Mourra(1) , JF Fléjou(1) , C Gespach(2) , R Parc(3) (1) Laboratoire d'Anatomie et de Cytologie pathologique, Hôpital Saint Antoine AP-HP, Université P&M Curie, Paris (2) Unité INSERM U482, Hôpital Saint Antoine AP-HP, Université P&M Curie, Paris (3) Laboratoire de Chirurgie Expérimentale, Hôpital Saint Antoine AP-HP, Université P&M Curie, Paris Mots clés :
IntroductionSi l'expression phénotypique de la polypose adénomateuse familiale (PAF) est caractéristique, il n'existe aucun signe évocateur de syndrome HNPCC, le diagnostic reposant sur les critères d'Amsterdam. L'objectif de notre étude était de déterminer les mécanismes responsables de la perte d'expression des protéines MLH1 et MSH2 notée en marquage immunohistochimique (IHC) et ainsi déterminer la valeur de ce test pour identifier les patients atteints d'un syndrome HNPCC.
Matériels et MéthodesDe juillet 2000 à mars 2003, 899 patients ont été opérés d'un cancer colorectal dans notre département. Un IHC pour les protéines MLH1 et MSH2 a été réalisé sur toutes les tumeurs. Il a été proposé aux 51 patients présentant une perte d'expression de l'une de ces protéines de participer à notre étude, 32 ont accepté. Après extraction d'ADN tumoral et non tumoral de la pièce de résection, l'existence de mutations somatiques et germinales était recherchée par séquençage et une méthylation du promoteur de chacun des 2 gènes par digestion enzymatique et Methylation Specific PCR.
RésultatsParmi les 22 patients perdant l'expression de la protéine MLH1, nous avons pu identifier chez 4 d'entre eux une mutation germinale. Douze autres patients présentaient une méthylation du promoteur et pouvaient être considérés comme n'ayant pas de syndrome HNPCC et pour 6 patients nous n'avons pas mis en évidence de mécanisme causal. A noter que les 3 patients de moins de 50 ans perdant l'expression de la protéine MLH1 avaient une mutation germinale alors que 2 d'entre eux remplissaient les critères d'Amsterdam. Parmi les 10 patients perdant l'expression de la protéine MSH2, 7 avaient une mutation germinale identifiable par simple séquençage et seulement 3 d'entre eux remplissaient les critères d'Amsterdam. Pour les 3 patients restant nous n'avons pas mis en évidence à ce jour de mécanisme expliquant la perte d''expression de la protéine MSH2.
DiscussionLa perte d'expression de la protéine MSH2 au sein d'une tumeur colorectale est expliquée par une mutation germinale identifiable par simple séquençage dans 70 % des cas (équivalence du phénotype de la PAF pour la détection de mutation germinale sur le gène APC). En revanche, la perte d'expression de la protéine MlH1 est principalement expliquée par une méthylation du promoteur de ce gène (phénomène non génétiquement transmissible). Toutefois, dans notre série, tous les patients de moins de 50 ans perdant l'expression de la protéine MLH1 avaient une mutation germinale de ce gène. Parmi tous les patients chez qui nous avons identifié une mutation germinale (n = 11) seulement 5 remplissaient les critères d'Amsterdam.
ConclusionLa marquage immunohistochimique de la protéine MSH2 peut être utilisé pour identifier les patients porteurs de mutations quelque soit leur âge. Pour la protéine MLH1, ce marquage peut être réservé à cette fin pour les patients de moins de 50 ans.
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