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Invalidation hépatique du gène suppresseur de tumeur Apc chez la souris
T Decaens(2) , S Colnot(2) , M Niwa-Kawakita(1) , G Hamard(2) , C Godard(2) , S Le Plenier(2) , M Giovannini(1) , C Perret(2) (1) CEPH, U431 INSERM, Paris (2) Département GDPM, Institut Cochin, U567 INSERM, Paris Mots clés :
RationnelUne activation inappropriée de la voie Wnt / β-caténine par mutation des partenaires est impliquée dans de nombreux cancers humains. Alors que ces gènes sont exprimés de manière ubiquitaire, leur profil de mutation dépend du type tissulaire. Des mutations inactivatrices du gène APC (Adenomatous Polyposis Coli) sont observées dans plus de 80 % des cancers colorectaux, alors que les mutations des gènes de la β-caténine et de l'AXIN y sont peu fréquents. Au contraire, des mutations activatrices du gène de la β-caténine sont fréquents dans les carcinomes hépatocellulaires et les hépatoblastomes alors qu'aucune mutation inactivatrice du gène suppresseur de tumeur APC n'a été décrite dans les cancers du foie. De manière intéressante, les malades atteints de polypose adénomateuse familiale, ont un risque accru de développer un hépatoblastome. Le rôle d'APC dans le foie reste donc énigmatique.
Matériels et MéthodesNous avons choisit d'étudier le rôle d'APC par stratégie d'invalidation conditionnelle dans le foie murin, utilisant une stratégie de type Cre-loxP. Nous avons construit un modèle mutant conditionnel, homozygote floxé sur les allèles d'APC (APCflox/flox). Afin de cibler spécifiquement le foie adulte, nous avons utilisé un adénovirus codant la recombinase Cre, injecté par voie intraveineuse rétro-orbitaire chez des souris APCflox/flox.
RésultatsPremièrement, chez les souris APCflox/flox adultes infectées par une forte dose d'adénovirus (6 x 108 pfu) permettant l'excision des allèles d'APC dans plus de 70 % des hépatocytes, on observe le développement d'une hépatomégalie et ces animaux décèdent 8 à 12 jours après l'injection. Les marquages immuno-histochimiques réalisés 6 jours après l'infection, montrent une accumulation nucléaire et cytoplasmique de β-caténine dans les hépatocytes. Ces hépatocytes expriment aussi la Glutamine Synthétase (GS), une cible hépatique de la β-caténine identifiée dans le laboratoire. Cette première série de résultats montrent que la perte d'APC mime les effets de l'activation du gène de la β-caténine. L'invalidation d'APC dans le foie est donc capable d'activer la voie Wnt / β-caténine. Deuxièmement, en utilisant des doses inférieurs d'adénovirus (1,5 et 3 x 108 pfu), on note une accumulation dose-dépendante de la ß-caténine persistante dans 5 à 20 % des hépatocytes 3 mois après l'infection adénovirale. De plus, ces souris survivent, permettant la recherche de tumeur hépatique à long terme.
ConclusionAPC est fonctionnel dans le foie et son invalidation entraîne les mêmes conséquences que l'hyper-expression d'une forme oncogénique de β-caténine. Si l'activation de la voie Wnt / β-caténine est un événement prédominant en oncogenèse hépatique, ces souris devraient développer des tumeurs hépatiques.
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