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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 5 avril 2005
Poster


Facteurs prédictifs de réponse à l'injection intra-artérielle de lipiodol marqué à l'iode 131 (Lipiocis®) en cas de carcinome hépatocellulaire.

I Ollivierhourmand (1); O Switsers (1); JC Gallard (1); L Chiche (1); E Salamé (1); JM Ollivier (1); MP Galais (1); P Ségol (1); MA Piquet (1); J Jacob (1);

(1) Caen - FRANCE


Mots clés :
71 Foie, Voies Biliaires
102 Interventionnelle
63 Traitement, Pronostic

Introduction

En cas de carcinome hépatocellulaire (CHC) intermédiaire ou avancé, le taux de survie spontanée à 3 ans est de 28 % (1). Une étude suggère que le Lipiocis®, actuellement proposé en cas de thrombose portale (TP), pourrait améliorer la survie et être mieux toléré que la chimioembolisation chez les patients sans TP (2). Nous rapportons notre expérience entre 1999 et 2004.

 

Patients et Méthodes

Quarante-deux dossiers de patients traités par Lipiocis® ont été revus. Il s'agissait de patients ayant un CHC inaccessible à un traitement chirurgical ou percutané, sans métastase extra-hépatique. Les patients étaient évalués par tomodensitométrie 2 et 6 mois après l'injection de lipiodol marqué à l'iode 131 dans l'artère hépatique (60 mCi), puis régulièrement en consultation. Onze avaient eu un traitement antérieur. Le délai moyen entre le diagnostic de CHC et le traitement par Lipiocis® était de 9 ± 13 mois.

 

Résultats

L'âge moyen était 64 ± 10 ans, le sex ratio hommes/femmes de 36/6. Il s'agissait le plus souvent de patients cirrhotiques (35/42 ; Child-Pugh A/B : 28/7), en bon état général (OMS 0-1/2 : 40/2). Huit patients avaient une TP initiale (segmentaire/branche/tronc : 1/4/3). Le nombre de nodules était de 1 dans 8 cas, 2 à 3 dans 16 cas et > à 3 dans 18 cas. La taille du nodule principal était de 66 ± 36 mm. Le score Okuda était égal à I chez 28 patients et à II chez 14 patients. L'alpha-fœtoprotéine (AFP) était > à 400 ng/mL chez 9 patients avant Lipiocis®. Les suites immédiates du traitement étaient simples. A 2 mois, le score de Child-Pugh était de 6,3 ± 1,5 ; l'AFP diminuait de 59 % chez 4/9 patients et augmentait de 37 % chez 5/9. Le scanner à 2 mois montrait : 28,5 % (12/42) de réponse partielle (RP), 40,5 % (17/42) de stabilisation (S) et 31 % (13/42) de progression (P). A 6 mois il y avait 23 % (10/42) de RP soutenue, 16 % (7/42) de S soutenue et 59 % (25/42) de P. Quatorze patients avaient une 2ème séance à 7,4 ± 7 mois, 2 une 3ème, et 15 un autre traitement après (tamoxifène, n = 9). En analyse univariée (Test de Fisher bilatéral), la réponse n'était pas influencée par le taux d'AFP ou par la taille du nodule principal (NS), mais était influencée négativement par une TP initiale, un nombre de nodules > à 1 et un score Okuda II (p < 0,05). Les patients Okuda I sans TP avaient un taux de RP + S supérieur aux autres (83 % versus 53 %, p = 0,04). La survie post Lipiocis® était de 78,5 % (33/42) à 6 mois, 40 % (17/42) à 1 an, 19 % (8/42) à 2 ans, 9,5 % (4/42) à 3 ans, 4,7 % (2/42) à 4 ans. Elle était diminuée par une TP initiale, un nombre de nodules > à 1 et un score Okuda II (méthode de Kaplan-Meier, test de logrank, p < 0,05). Elle était supérieure chez les patients Okuda I sans TP (p = 0,001). La survie globale était de 92,8 % (39/42) à 6 mois, 73,8 % (31/42) à 1 an, 33 % (14/42) à 2 ans, 26 % (11/42) à 3 ans, 14 % (6/42) à 4 ans. Elle n'était pas influencée par l'existence d'un traitement antérieur ni postérieur.

 

Conclusion

Le Lipiocis® paraît non justifié en cas de thrombose portale. En cas de CHC intermédiaire (Okuda I sans thrombose portale), le Lipiocis® est bien toléré et induit 69 % de RP + S, avec 39 % de RP + S soutenues. Son intérêt sur la survie globale doit être confirmé.

 

 

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