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Comparaison de 2 techniques de chimio-embolisation (hypersélective versus non sélective) en attente de transplantation hépatique pour carcinome hépato-cellulaire
J Boitard (1); S Dharancy (1); T Decaens (2); C Duvoux (2); N Declerck (1); S Truant (1); JC Paris (1); L Gambiez (1); PE Mortier (1); V Canva (1); P Mathurin (1); O Ernst (1); S Bresson-Hadni (3); C Meyer (4); J Gugenheim (5); F Durand (5); O Boillot (6); FR Pruvot (1); (1) Lille - FRANCE (2) Paris - FRANCE (3) Besançon - FRANCE (4) Strasbourg - FRANCE (5) Nice - FRANCE (6) Lyon - FRANCE Mots clés : 63 Traitement, Pronostic 71 Foie, Voies Biliaires 102 Interventionnelle | ||||
Introduction
L’analyse des foies explantés pour carcinome hépato-cellulaire (CHC) a mis en évidence que la chimio-embolisation non sélective (CEL) n'entraînait une nécrose tumorale en moyenne que dans 36 % des cas. Par contre, après chimio-embolisation hypersélective (CELH), ce taux de nécrose tumorale atteignait 80 % (1). Le bénéfice de la CELH avant transplantation hépatique (TH) pour CHC en terme de survie n'a jamais été clairement démontré. L'objectif de cette étude a été de rechercher la supériorité de la CELH sur la CEL en terme de survie sans récidive à 5 ans post TH.
Patients et Méthodes
L’influence de la CELH sur la survie a été analysée à partir d'une étude cas-témoins. Les patients (CELH) et les contrôles (CEL) ont été appariés sur l'âge, le sexe, le score de Child-Pugh, la période de la TH, la durée d'attente du greffon, le stade TNM modifié. Les contrôles ayant bénéficié d'une CEL ont été sélectionnés de manière indépendante à partir du fichier de l'étude multicentrique française sur le CHC transplanté (T Decaens et al). La technique de CELH consistait en l'administration de 30 mg d'adriamycine diluée dans 10 ml de lipiodol dans l'artériole afférente du principal nodule de CHC. La survie sans récidive ainsi que la survie du sous-groupe de patients avec CHC uni-nodulaire bénéficiant d'une CELH a été évaluée par la méthode de Kaplan-Meier et comparée avec celle du groupe CEL par le Log rank test.
Résultats
Entre 1992 et 2004, 51 patients cirrhotiques atteints d'un CHC ont été évalués pour une TH dans notre centre. Trente et un patients (25 H ; 6 F) d'âge moyen 54 ± 6 ans ayant bénéficié d'au moins une séance de CELH durant la période d'attente du greffon (moyenne de 1,3 séances) ont été appariés à 31 patients contrôles avec CEL (moyenne : 1,4 séances). Le nombre de séances n'était pas différent dans les 2 groupes. Le stade TNM des patients était comparable (groupe CELH : stade I = 3,3 %, II = 65,6 %, III = 18 % et IV A1 = 13,1 % ; groupe CEL : stade I = 3,2 %, II = 64,5 %, III = 19,4 % et IV A1 = 12,9 %). Le nombre de nodules était 1, 2 ou 3 et > 3 chez respectivement 67,7 %, 19,4 % et 12,9 % des patients dans le groupe CELH et 50 %, 36,7 % et 13,3 % des patients dans le groupe CEL. Le diamètre moyen des CHC uni-nodulaires du groupe CELH et CEL n'était pas différent (3,8 ± 0,3 cm vs 3,4 ± 0,3 cm, NS). La somme totale des diamètres tumoraux des CHC multinodulaires du groupe CELH et CEL n'était pas différente (5 ± 0,7 cm vs 6,8 ± 1 cm, NS). La durée moyenne d'attente du greffon était voisine dans les 2 groupes (114 ± 94 jours vs 125 ± 76 jours, NS). La survie sans récidive post TH à 5 ans n'était pas meilleure dans le groupe CELH par rapport au groupe CEL (74,6 % vs 73,3 %, NS). Dans le sous-groupe de patients avec CHC uni-nodulaire, la survie sans récidive post TH à 5 ans n'était pas significativement différente dans le groupe CELH par rapport au groupe CEL (82 % vs 66 % p = 0,2).
Conclusion
Avec une durée d'attente courte de TH (4 mois), la survie sans récidive post TH à 5 ans après la CELH n'est pas supérieure à celle après la CEL. La mise en évidence d'un bénéfice significatif de survie des patients du sous-groupe avec CHC uni-nodulaire traité par CELH nécessite une étude avec un effectif de patients plus important.
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