© SNFGE, 2006
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 21 mars 2006
Poster


Le statut nutritionnel influence la réponse complète à la radiochimiothérapie exclusive des malades atteints de cancer de l'œsophage localement avancé

S Lecleire (1); F Di Fiore (1); O Rigal (1); A Passerotte (1); B Paillot (1); P Michel (1);

(1) Rouen - FRANCE


Mots clés :
65 Oesophage
59 Nutrition Clinique

Introduction

La radiochimiothérapie exclusive (RCTE) est actuellement le traitement de première intention chez les patients atteints de cancer de l’œsophage localement avancé (COLA). Ces malades présentent souvent une dénutrition importante avant le début de la RCTE. L’impact de la dénutrition initiale sur la réponse complète clinique (RCC) à la RCTE n’est pas démontré. Le but de l’étude était de rechercher si la dénutrition initiale avait une influence sur la RCC chez des malades atteints de COLA traités par RCTE.

Patients et Méthodes

Cinquante-neuf malades atteints de COLA traités par RCTE ont été inclus rétrospectivement dans l’étude. La RCTE associait une radiothérapie externe de 50 à 60 Grays à une chimiothérapie associant du 5fluorouracile + cisplatine ou irinotecan. La RCC était définie par l’absence de résidu tumoral à l’endoscopie et sur l’absence de lésion métastatique à la tomodensitométrie 2 mois après la fin de la RCTE. Le statut nutritionnel de tous les malades a été évalué avant traitement par le pourcentage de perte de poids par rapport au poids initial et par le dosage de l’albuminémie. Les caractéristiques cliniques et nutritionnelles avant traitement des patients présentant une RCC ont été comparées à celles des patients qui n'étaient pas en RCC au moyen des tests statistiques du chi-deux et de Student.

Résultats

Trente-sept malades (63%) présentaient une RCC à la RCTE (groupe 1), et 22 (37%) n’étaient pas en RCC à la fin du traitement (groupe 2). Les deux groupes de malades n’étaient pas différents en terme d’âge (63 vs 65 ans), de stade de la maladie (classification TNM), de grade de dysphagie selon Atkinson (2,1 vs 2,4), et d’état général évalué par l’indice de performance OMS (0,7 vs 1). Les malades du groupe 2 avaient un statut nutritionnel avant traitement significativement plus altéré que les malades du groupe 1, traduit par une perte de poids médiane plus importante (10% vs 5% ; p = 0,009) et une albuminémie médiane plus basse (33 vs 40 g/L ; p = 0,025). Un geste endoscopique de dilatation œsophagienne avant le traitement par RCTE avait été plus souvent nécessaire avant le traitement chez les malades du groupe 2 (59% vs 19% ; p = 0,004).

Conclusion

La dénutrition avant traitement semble diminuer le taux de RCC à la RCTE chez les malades atteints de COLA. Une prise en charge nutritionnelle précoce pourrait ainsi permettre d’augmenter le taux de RCC à la RCTE chez les malades dénutris. Ces résultats suggèrent l'importance d'évaluer prospectivement l'impact de l'intervention nutritionelle dans la prise en charge thérapeutique du COLA.

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