© SNFGE, 2006
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 21 mars 2006
Communication Orale


Traitement chirurgical des adénocarcinomes du cardia et du tiers inférieur de l'œsophage

N Carrere (1); CH Julio (1); E Bloom (1); J Selves (1); B Pradère (1);

(1) Toulouse - FRANCE


Mots clés :
65 Oesophage
106 Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie

Objectif

L 'objectif de ce travail était d 'évaluer sur une série unicentrique rétrospective de 152 patients consécutifs les résultats des résections œsogastriques pour adénocarcinome du cardia et du tiers inférieur de l'œsophage. Notre but était de déterminer les facteurs pronostiques, et notamment la technique chirurgicale, susceptibles d'influencer la mortalité et la morbidité post-opératoires précoces ainsi que la survie à long terme.

Patients et Méthodes

De 1985 à 2003, 152 patients consécutifs (133 hommes et 19 femmes, d 'âge moyen : 65 ± 10 ans) ont été opérés dans un but curatif. Les tumeurs du tiers inférieur de l 'œsophage et les tumeurs du cardia de type I ou II de Siewert ont été préférentiellement opérées selon la technique de Lewis-Santy (œsogastrectomie polaire supérieure par voie trans-thoracique) (OTT : n = 94), alors qu'une œsogastrectomie polaire supérieure par voie trans-hiatale (voie abdominale et cervicale gauche) (OTH : n = 26) a été effectuée en cas de contre-indication à la thoracotomie. Les tumeurs du cardia de type III de Siewert. Ont été opérées par œsogastrectomie totale (gastrectomie totale élargie à la partie inférieure de l 'œsophage) (GTE : n = 32). Un curage ganglionnaire a été systématiquement effectué : péri-gastrique (D1 ou D2), et médiastinal inférieur et moyen en cas d'abord thoracique. Les variables ont été comparées dans les différents groupes. L'analyse de survie a été menée selon la méthode de Kaplan-Meier. Les facteurs pronostiques ont été évalués en analyse univariée et multivariée.

Résultats

La mortalité et la morbidité post-opératoires ont été respectivement de 3 % (5 décès) et 38 % : 58 complications dont 12 fistules anastomotiques (8 %) et 39 complications respiratoires (26 %). Le taux de complication a été significativement plus important après OTH (61 %) qu 'après OTT (34 %) ou GTE (31 %) (p < 0,05). L'OTT a occasionné moins de complications de type fistule (p < 0,05) que l'OTH ou la GTE. Le taux de complications respiratoires était équivalent dans les trois groupes. Le taux de résection complète (R0) était de l 'ordre de 85 %. Les survies globales à 3 ans et à 5 ans ont été respectivement de 43 % et 29 %. Après analyse multivariée, les facteurs pronostiques indépendants pour la survie globale étaient : la présence de métastases, l 'existence d 'adénopathies envahies, le caractère complet ou non de la résection. Le siège de la tumeur, le type de résection, l 'utilisation de traitements adjuvants ou néo-adjuvants n 'ont pas été identifiés comme critères pronostiques pour la survie à long terme.

Conclusion

Dans cette série, l 'intervention de Lewis-Santy (OTT) a été effectuée dans la majorité des cas (62 %). Elle a été privilégiée dans les cas de tumeurs du bas œsophage et du cardia de type I ou II. Cette intervention a occasionné moins de complications post-opératoires que l 'œsophagectomie trans-hiatale (OTH), notamment en terme de fistules anastomotiques, et elle n 'a pas donné lieu à davantage de complications respiratoires. Cependant, le bénéfice théorique (curage médiastinal) de cette technique n 'est pas démontré en terme de survie à long terme.

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