Sécurité, tolérance et efficacité d'un ballon intra-gastrique gonflé à l'air. Etude prospective multicentrique chez 32 obèses non morbides F. Mion, R. Gincul, S. Roman, S. Beorchia, F. Hedelius, N. Claudel, R. Bory, F. Trepo, B. Napoleon
Rationnel La plupart des études portant sur l'évaluation des ballons intra-gastriques pour le traitement de l'obésité ont utilisé des ballons remplis d'eau (1,2). La tolérance digestive d'un ballon gonflé d'air pourrait être meilleure. Le but de cette étude multicentrique était d'évaluer la sécurité, la tolérance et l'efficacité d'un nouveau ballon gonflé à l'air chez des patients avec une obésité non morbide.
Patients et Méthodes 32 patients ont été inclus, (27 femmes, âge moyen 35 ans), avec un index de masse corporelle moyen de 35 kg/m2 (30,1 à 40). Le ballon (Helioscopie, France) était inséré dans l'estomac sous contrôle endoscopique et anesthésie générale, gonflé avec 800 ml d'air, et enlevé 4 mois plus tard dans les mêmes conditions. Les difficultés techniques pour l'insertion et le retrait du ballon étaient notées. La tolérance et la perte de poids ont été surveillées jusqu'à 12 mois après le retrait du ballon.
Résultats La perte de poids était significative 1, 2 et 4 mois après l'insertion du ballon (moyenne : 6, 7 et 10 kg respectivement, p<0,001). Un retrait prématuré du ballon a été nécessaire dans 3 cas (2 douleurs épigastriques et 1 intolérance psychologique). La durée moyenne des nausées et vomissements après l'insertion du ballon était de 2,5 jours (0 à 8). L'extraction du ballon était techniquement plus difficile que l'insertion, avec un temps moyen de procédure de 21 mn (5 à 80) contre 12 minutes (8 à 30, p<0,0001). 28 patients ont été recontactés 12 mois après le retrait du ballon : 2 ont eu un anneau gastrique dans l'intervalle ; pour les 26 patients restants, la perte de poids moyenne était de 7 kg (-6 à 23). 8 patients conservaient une perte de poids >10 %. La satisfaction des patients pour le traitement était de 87 % pour ces 8, et de 22 % pour ceux ayant conservé une perte de poids <10 %. Un an après le retrait du ballon, 5/26 patients avaient un IMC < 30, et 7/26 un IMC >35.
Conclusion Ce nouveau ballon gonflé à l'air est globalement bien toléré, notamment en terme de nausées et vomissements après l'insertion. Des modifications du design de la valve ont été réalisées pour faciliter l'extraction du ballon. Son efficacité sur la perte de poids est équivalente à celle des autres ballons. Un an après le retrait du ballon, environ 1/3 des patients conserve une perte de poids >10 % : les modifications du comportement alimentaire induites par le ballon pourraient donc se pérenniser chez certains sujets. La place du ballon intra-gastrique dans la prise en charge globale de l'obésité reste à définir.
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