Gastrolyse laparoscopique et résection osogastrique pour cancer selon Lewis T. Perniceni, F. Carlini, C. Denet, H. Levard, P. Laurent, C. Christidis, A. Blain, F. Mal, B. Gayet
But Evaluer prospectivement la faisabilité et les résultats oncologiques de l'intervention de Lewis en utilisant la laparoscopie pour le temps abdominal.
Patients et Méthodes Du 01/01/1995 au 30/06/2006, 200 patients [163 hommes, 37 femmes, âge moyen 62 ans (32-85), poids moyen 71 kg (35-110)] étaient opérés pour 194 cancers (89 épidermoïdes, 36 adénocarcinomes sur endobrachyœsophage, 63 adénocarcinomes du cardia, 7 autres) et 6 dysplasies de haut grade sur endobrachyœsophage, 69 fois après traitement néoadjuvant. La laparoscopie faite avec 5 ou 6 trocarts comportait la section du pédicule gastrique gauche à son origine, la lymphadénectomie cœliaque, la gastrolyse de la grande courbure. La tubulisation de l'estomac débutait par plusieurs applications d'une pince à agrafage linéaire. Par voie transhiatale la médiastinectomie était amorcée avec ouverture de la plèvre droite et section du ligament triangulaire droit. Par thoracotomie antérolatérale droite la résection œsogastrique et la lymphadénectomie monobloc étaient terminées. L'anastomose œsogastrique était manuelle 195 fois.
Résultats Une conversion en laparotomie, jamais pour raison anesthésique, était faite pour 10 opérés (5%), 4 décapsulations spléniques sont survenues sans splénectomie, il n'y a pas eu de transfusion peropératoire au temps laparoscopique. La durée moyenne globale d'anesthésie était de 358 min (200-575). Le délai moyen d'extubation était de 5h (0-24). La mortalité hospitalière était de 2% (4/200) dont 3 nécroses de la gastroplastie. La durée moyenne de séjour était de 22 j (10-126) et aucun événement indésirable n'est survenu dans les suites opératoires pour 49% des opérés (98/200) ; 2 des 20 réinterventions étaient liées à une complication intraabdominale (1 abcès pancréatique, 1 hémopéritoine, 6 chylothorax, 6 fistules anastomotiques, 1 hémothorax, 1 pneumothorax, 1 fistule bronchique, 1 hernie pulmonaire, 1 suppuration de la thoracotomie) ; 43 complications respiratoires sont survenues nécessitant 3 fois une reventilation ; 17 des 23 fistules anastomotiques ont été traitées médicalement. La lymphadénectomie comportait en moyenne 26 ganglions (7-53). Le recul moyen était de 27 mois sans greffe tumorale sur les orifices de trocart. La survie actuarielle pour 196 opérés est de 85,5% à 1 an, 62,7% à 3 ans et 50% à 5 ans. La survie actuarielle à 3 ans est de 77,3% pour les adénocarcinomes sur endobrachyœsophage, 61,4% pour les carcinomes épidermoïdes et 49,1% pour les adénocarcinomes du cardia. Secondairement une hernie hiatale symptomatique contenant le colon transverse a nécessité 12 réinterventions dont 6 par laparoscopie.
Conclusion Ce travail montre la faisabilité de la laparoscopie pour le temps abdominal de l'intervention de Lewis et suggère que cette voie d'abord ne dégrade pas le résultat oncologique.
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