Enquête nationale sur la pratique de la chimioembolisation (CE) pour carcinome hépatocellulaire (CHC). J. Barbare, F. Degos, M. Vullierme, O. Farges, P. Sogni, F. Ricard
Introduction La CE est considérée comme un traitement palliatif du CHC. L'objectif de cette enquête a été de préciser s'il existait un consensus sur les indications de la CE et les modalités de prise en charge des patients recevant ce traitement. Les techniques de réalisation de la CE ont fait l'objet d'une enquête distincte.
Patients et Méthodes D'octobre 2004 à mars 2006, un questionnaire de 25 items, incluant 5 situations cliniques concrètes, explorant les indications et les modalités de surveillance et de suivi de la CE pour CHC a été adressé aux membres de la SNFGE, de l'AFEF, de la SFCD, et de la FFCD. Il a été demandé une réponse par centre.
Résultats Soixante-cinq centres ont répondu. La répartition par structure et par spécialité était la suivante : CHU : 50 %, CHG : 36 %, CLCC : 6 %, Privé : 8 % ; hépatogastroentérologue : 60 %, chirurgien : 19 %, oncologue : 8 %, équipe pluridisciplinaire : 13 %. Les répondants disposent de la CE dans leur établissement dans 80 % des cas, au même titre qu'ils disposent des traitements percutanés (86 %) ou chirugicaux (87 %). En moyenne, ils retiennent une indication de CE chez 32 % des malades pris en charge pour CHC, et la CE était un traitement de première intention dans 66 % des centres. Une réunion de concertation pluridisciplinaire validait cette décision et une preuve histologique du CHC était exigée dans respectivement 75 % et 56 % des cas. Les contre-indications majoritairement citées ont été : perspective de transplantation hépatique (TH) (87 % des répondants), score de Child-Pugh > 8 (87 %), bilirubinémie > 50 µmol/L (81 %), TP < 50% (81 %), métastase viscérale (81 %), stade OMS > 2 (77 %), créatininémie > 130 µmol/L (74 %), ascite (62 %), thrombose portale non tronculaire > 2 segments (60 %), anastomose bilio-digestive (56 %) et hémorragie digestive récente (53 %). La CE peut être un traitement d'attente de TH, de down-staging avant résection et peut être associée à une destruction percutanée pour respectivement 69 %, 63 % et 63 % des répondants. Les critères permettant la sortie du patient les plus fréquemment cités étaient l'absence de fièvre (37 %) ou de douleurs (37 %) et la normalisation des transaminases (13 %). Les CE étaient répétées à titre systématique dans 44 % des centres (en moyenne 2 séances). Les critères d'arrêt du traitement les plus fréquemment cités étaient la progression tumorale (97 %), la constatation d'une atteinte de l'artère hépatique (95 %), l'aggravation de l'insuffisance hépatique (40 %) ou de l'état général (40 %). Pour les 5 items sous forme d'observation, les réponses à la question «conseillez-vous chez ce patient un traitement par CE ?» ont été (oui/non/NSP) : Obs 1 : 27 % / 71 % / 2 % ; Obs 2 : 77 % / 23 % / 0 % ; Obs 3 : 55 % / 38 % / 7 % ; Obs 4 : 28 % / 70 % / 2 % ; Obs 5 : 28 % / 64 % / 8 %.
Conclusion Ces résultats suggèrent que : a) dans les centres experts 1 / 3 environ des malades atteints de CHC sont traités par CE ; b) les contre-indications de la CE sont consensuelles ; c) il existe de grandes variations dans les indications de ce traitement.
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