Devenir des patients traités pour un cancer épidermoïde limité de l'osophage par l'association radio-chimiothérapie concomitante exclusive. A. Lefebvre, B. Dauvois, N. Le Stang, K. Bouhier, S. Lheureux, M. Galais, A. Guizard, J. Jacob
Introduction L'exérèse chirurgicale reste à ce jour le standard thérapeutique des cancers d'extension limitée de l'œsophage. De ce fait peu de renseignements sont disponibles concernant l'évolution des ces formes limitées traités par radio-chimiothérapie exclusive. Le but du travail était de préciser la survie globale et les modalités de récidive des patients porteurs d'un cancer épidermoïde de l'œsophage résécable, potentiellement ou non opérable, traités par radio-chimiothérapie concomitante exclusive au Centre François Baclesse (Caen, Normandie) entre 1995 et 2000.
Matériels et Méthodes 124 cas de carcinomes épidermoïdes de l'œsophage traités par radio-chimiothérapie exclusive ont été enregistrés, au Centre François Baclesse, entre 1995 et 2000. Grâce à un recueil actif dans les dossiers des malades, ont pu être individualisés : le stade tumoral, les contre-indications chirurgicales (âge ≥ 70 ans, terrain, antécédents néoplasiques, dénutrition), le type de traitement et la réponse tumorale.
Résultats Ces 124 patients se répartissaient en 112 hommes et 12 femmes de, respectivement 63 ans et 74 ans d'âge moyen. En ce qui concerne le stade tumoral, évalué à partir de données scannographiques, écho-endoscopiques et anatomopathologiques, il s'agissait de tumeur in situ dans 3% des cas, de stade I (T1N0M0) dans 34 % des cas, de stade II (T2 / T3 N0 / N1 M0) dans 57 % des cas. Le stade tumoral n'était pas précisé dans 6 % des cas. Dans la majorité des cas (61 %), le traitement a pu être complet. A 3 mois, il existait une réponse complète dans 68 % des cas, une réponse partielle dans 8 % des cas et une absence de réponse dans 3 % des cas. La réponse tumorale n'était pas précisé ou non évaluable dans 21 % des cas. La survie médiane était de 23 mois et la survie à 5 ans de 22 %. Si l'on considère les patients ne présentant pas de contre-indications chirurgicales ou potentiellement opérables (23 % de la population), la survie médiane était de 23 mois et la survie à 5 ans de 38 %. Enfin, parmi les patients présentant une réponse complète à 3 mois, 44 % des patients ont récidivé dont 24 % sur le plan loco-régionale, 32 % sur le plan métastatique et 44 % de façon loco-régionale et métastatique.
Conclusion Les données recueillies positionnent la radio-chimiothérapie concomitante exclusive comme alternative à l'exérèse chirurgicale de ces formes limitées. Ces résultats légitiment la mise en place d'un essai prospectif contrôlé comparant la meilleure stratégie chirurgicale, actuellement en cours d'évaluation (essai FFCD 9901), à la radio-chimiothérapie concomitante exclusive.
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