Tumeurs anorectales : faisabilité de la cytoponction ganglionnaire sous échoendoscopie L. Vercambre, E. Assenat, F. Bibeau, M. Latournerie, R. Altwegg, P. Rouanet, P. Senesse
Introduction Dans le cancer du rectum et de l'anus, le statut ganglionnaire est déterminant pour le choix thérapeutique (HAS 2005, Thésaurus SNFGE). Celui-ci reste difficile à appréhender en raison de notre incapacité à préciser le statut histologique des ganglions visualisés en imagerie. Objectif : Nous nous proposons d'étudier la faisabilité de la cytoponction à l'aiguille fine sous échoendoscopie (EUS-FNA) des ganglions périrectaux.
Patients et Méthodes De mai 2005 à juin 2007, 460 patients ont bénéficié d'une échographie rectale sur sonde rigide. Une cytoponction ganglionnaire a été prospectivement effectuée chez les 35 d'entre eux qui présentaient une tumeur ano-rectale N+ (ganglions juxta-centimétriques (6,5 mm [3-13] ) sans interposition tumorale. Le sexe ratio était de 22 hommes pour 13 femmes avec une moyenne d'âge de 64,5 ans [44-86]. Quatre vingt trois pour cent étaient des adénocarcinomes (A), 17% étaient épidermoides(E). Ce bilan était effectué dans le cadre d'une stadification initiale pour 30 patients (86%), et au cours d'une surveillance dans 14,3% des cas. Les cytoponctions ont été effectuées sans anesthésie, en ambulatoire, après lavement bétadiné, à l'aide d'un échoendoscope souple (Pentax ®). L'aiguille utilisée (Wilson Cook ®) était de 25G dans 91% des cas. En moyenne, 2 passages étaient réalisés. Les prélèvements étaient conditionnés dans du Cytolit® pour être lus par un cytologiste expert.
Résultats Sur les 35 EUS-FNA, nous avons eu 6 échecs (17,1%) : 2 en raison d'un ganglion trop petit, mobile au contact de l'aiguille, 4 par absence de tissu lymphoïde sur le prélèvement. Il n'y a eu aucune complication de procédure. Sur les 29 ponctions informatives (82,9%), 20 prélèvements (2 E et 18 A) permettaient une comparaison aux stades post chirurgicaux ou par le suivi. Sur cette population de référence, 8 cytoponctions étaient positives confirmant le diagnostic d'infiltration ganglionnaire. Parmi les 12 patients N- sur la cytoponction, deux étaient des faux négatifs (tumeur N1 en post chirurgical), les 10 autres étant confirmés N0 en post chirurgical, sous réserve d'un possible downstaging secondaire aux traitements néoadjuvants dont la plupart des patients ont bénéficié. La valeur prédictive positive et la spécificité étaient de 100%, la valeur prédictive négative de 83% et la sensibilité de 80%. La précision diagnostique était de 90%. Pour les deux faux négatifs (10%), la ponction avait porté sur des ganglions de petite taille (4 et 6 mm). Le caractère colloïde muqueux peut expliquer dans un cas la négativité du prélèvement (par ailleurs considéré N- en IRM). La taille des adénopathies reste un des facteurs prédictifs essentiels du succès de la cytoponction : elle était plus petite en situation d'échec (5,4 mm [3,5-9] ) et plus élevée dans les ponctions positives (8,7 [5-13] ).
Conclusion L'EUS-FNA est techniquement réalisable pour les tumeurs anorectales et permet un diagnostic formel en cas de positivité avec potentiellement une modification de la conduite à tenir thérapeutique. Sa fiabilité, lorsqu'elle est négative nécessite une évaluation sur une population plus importante.
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