Efficacité in vitro de l'association oxaliplatine/cetuximab : implication du stress oxydatif dans l'efficacité de cette combinaison pharmacologique L. Dahan, A. Sadok, J. Seitz, D. Braguer, H. Kovacic
Introduction L'oxaliplatine est une drogue majeure utilisée dans le cancer colorectal, et le cetuximab (anticorps monoclonal chimérique anti-EGF récepteur) est indiqué en deuxième ligne en association à l'irinotécan. Nous avons évalué in vitro l'association oxaliplatine/cetuximab sachant que ces deux molécules ne sont pas encore combinées en pratique courante. Les NADPH oxydases (Nox) et plus particulièrement Nox1 préférentiellement exprimé dans le colon et activé par Ras, produisent des espèces réactives de l'oxygène (ROS) dont les superoxydes. Les superoxydes peuvent moduler l'effet de certains agents anticancéreux et la deuxième partie de ce travail évalue l'implication du stress oxydatif sur cette combinaison pharmacologique.
Matériels et Méthodes Nous avons travaillé sur 3 lignées cellulaires de cancer colique exprimant l'EGF récepteur (HT29-D4, Caco-2 et SW480) et une ne l'exprimant pas (SW620), résultats confirmés par Western Blot et cytométrie de flux.. Parmi ces lignées SW480 et SW620 sont mutées sur Ras. Les tests de cytotoxicité ont été réalisés par MTT. Les ROS ont été mesuré par WST1 et Lucigénine pour les superoxides et par DCF-DA pour le peroxyde d'hydrogène.
Résultats L'oxaliplatine en association au cetuximab est antagoniste sur les deux lignées cellulaires testées exprimant l'EGF récepteur et non mutées sur Ras (HT29-D4 et Caco-2) : il existe une élévation significative des IC50 lorsque le cetuximab est combiné à l'oxaliplatine par rapport aux cellules traitées par oxaliplatine seule. En revanche la voie de l'EGF n'intervient pas sur la lignée n'exprimant pas le récepteur (SW620) ou celle l'exprimant mais mutée sur Ras (SW480). Les mesures de ROS ont montrées une diminution significative de la production de ROS par le cetuximab, et une diminution dose dépendante des ions superoxydes avec augmentation dose dépendante du peroxyde d'hydrogène sous oxaliplatine. Par ailleurs l'inhibition de Nox1 par un agent pharmacologique (apocynine) ou par un shRNA spécifique entraîne une diminution d'efficacité de l'oxaliplatine sur HT29-D4 et Caco-2 mais pas sur SW620 ou SW480.
Conclusion Il existe un antagonisme in vitro de l'oxaliplatine et du cetuximab qui implique les ROS de Nox1. L'oxaliplatine pourrait soit intervenir dans la dismutation des superoxydes en peroxyde d'hydrogène soit inhiber l'élimination du peroxyde d'hydrogène en se combinant à la glutathione. Néanmoins, l'efficacité du cetuximab fait intervenir l'ADCC (antibody-dependent cell-mediated cytotoxicity) non évaluée dans ce travail. Une meilleure compréhension du rôle de Nox1 dans l'antagonisme retrouvé au niveau cellulaire permettrait d'améliorer l'efficacité de cette combinaison.
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