Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase de type 2 réduisent l'expression de l'ostéopontine intra-tumorale par l'intermédiaire du récepteur nucléaire orphelin Nr4a2 R. Zagani, N. Hamzaoui, C. Perret, S. Chaussade, D. Lamarque
Introduction Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase de type 2 (Cox-2) sont actuellement les médicaments les plus efficaces pour prévenir et faire régresser les adénomes coliques chez des patients atteints de polypose adénomateuse familiale (PAF). Nous avions précédemment montré une réduction de 69 % du nombre des adénomes sous l'effet des inhibiteurs Cox-2 dans un modèle murin de PAF, la souris Apc+/14. L'analyse différentielle du niveau d'expression de l'ensemble du génome par la technologie des puces à ADNc, identifiait le gène de l'ostéopontine (Spp1) comme étant une cible majeure et précoce du traitement par inhibiteurs de Cox-2. L'ostéopontine est une protéine impliquée dans la prolifération tumorale et la dissémination métastatique dont l'expression est stimulée par l'accumulation de béta-caténine secondaire à l'inactivation d'Apc. Le but de notre travail a été d'identifier les voies moléculaires conduisant à la diminution d'expression de l'ostéopontine sous l'effet du traitement par inhibiteurs de Cox-2.
Matériels et Méthodes Chez la souris Apc+/14 âgée de 24 semaines, les adénomes intestinaux et coliques étaient prélevés avant et après traitement par un inhibiteur spécifique de Cox-2, le parecoxib, à la dose de 20 mg/kg par voie intra-péritonéale à 0 heures et 12 heures. L'expression des gènes précédemment identifiés par microarray était vérifiée 2 heures, 6 heures, 24 heures après injection par RT-PCR quantitative. L'expression des gènes était localisée par hybridation in-situ et immunohistochimie. Des études complémentaires in vitro ont été réalisées sur des lignées cellulaires murines traitées par la prostaglandine E2 et transfectées par divers plasmides.
Résultats Chez la souris Apc+/14, le traitement par parecoxib inhibait l'expression de Spp1 par une voie indépendante de la béta-caténine comme le montrait le maintien du niveau d'expression de la béta-caténine activée et de ses gènes cibles (c-myc, cyclin D1 et Axine 2). En revanche, l'expression du gène Nr4a2 était diminuée en RT-PCRq de façon parallèle à celle de l'ostéopontine, résultat confirmé par Western blot et immunohistochimie. Nr4a2 est un récepteur nucléaire orphelin déjà décrit comme étant à la fois une cible des prostaglandines et un activateur de l'ostéopontine dans le tissu osseux. Nous avons ensuite confirmé in vitro la relation causale entre présence de PGE2, stimulation de Nr4a2 et production d'ostéopontine sur les lignées cellulaires murines CT26 et IcCl2. Nous avons montré tout d'abord que la transfection d'un plasmide exprimant Nr4a2 (pCMX-Nurr1) active un plasmide reporter sous le contrôle du promoteur de l'ostéopontine (Opn-Luciferase). Nous avons montré ensuite que ce même plasmide reporter est activé par stimulation de la cellule par la prostaglandine E2, effet aboli par un plasmide dominant négatif de Nr4a2 (Nurr1DN). Enfin la stimulation par la prostaglandine E2 entraîne l'activation de Nr4a2 et du gène Spp1, effet aboli par le dominant négatif Nurr1DN.
Conclusion Les inhibiteurs de Cox-2 diminuent dans un premier temps l'expression du récepteur nucléaire orphelin Nr4a2, un immediate-early gene, puis dans un second temps l'expression du gène de l'ostéopontine, Spp1, impliqué dans la progression tumorale et la dissémination métastatique.
|