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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

vendredi 20 mars 2009
Poster


Stratégie thérapeutique dans l'anguillulose maligne : à propos de 9 cas

M Gelu-Simeon (1); M Tabue Tuego (1); G Saint-Georges (1); L Amaral (1); M Laurent (1); M Borel (1); E Saillard (1);

(1) Pointe-à-Pitre - GUADELOUPE


Mots clés :
1 Stratégie Clinique
92 Thérapeutique

Introduction

L'anguillulose est due à un nématode, Stongyloïdes stercoralis. Elle entraîne en particulier chez les immunodéprimés, une forme dite « maligne » responsable d'un tableau de pseudo-occlusion intestinale avec parésie digestive. L'évolution spontanée est mortelle dans 86 % de cas. Or les antihelminthiques actuellement disponibles ne peuvent être administrés que par voie orale. Aucune mise au point ni recommandation n'a été effectuée sur la stratégie thérapeutique à adopter dans les formes malignes avec occlusion digestive. Nous rapportons notre expérience d'une nouvelle stratégie thérapeutique.
 

Patients et Méthodes

Tous les cas d'anguilluloses (diagnostiqués par aspiration duodénale, sonde gastrique ou biopsies duodénales) hospitalisés dans notre service d'hépato-gastroentérologie entre le 01/01/1997 et le 01/01/2008 ont été inclus. Les patients qui ont présenté une forme maligne durant leur hospitalisation ont été analysés en termes d'âge, sexe, profession, antécédents médicaux, motif d'hospitalisation, évolution sous traitement.
 

Résultats

34 patients ont été hospitalisés pour une anguillulose, 9/34 patients (26 %) ont présenté une forme maligne, d'âge moyen 67 ± 10,2 ans (53 - 76), sex ratio : 7/9. L'activité professionnelle était connue pour 7/9 cas (78 %), il s'agissait d'ouvriers en bâtiment ou d'exploitants agricoles. Tous les patients (100 %) étaient hospitalisés pour altération de l'état général et vomissements avec amaigrissement de 10 kg/mois. Quatre patients (44 %) présentaient un syndrome occlusif et 3/9 (33 %) une hémorragie digestive. Huit patients (88 %) présentaient au moins un facteur d'immunodépression, la sérologie HTLV1 était positive dans 7/9 cas (78 %). Tous les patients sauf un (décédé précocement) ont bénéficié d'une endoscopie digestive trouvant une duodénite et la présence du parasite par aspiration duodénale. Trois patients (33 %) sont décédés (1 avant le traitement, 1 d'une autre cause à distance de l'hospitalisation, 1 seul de l'anguillulose maligne malgré le traitement qui est resté incomplet). Six patients (66 %) ont reçu une administration sublinguale de flubendazole, dans 4 cas, ou une instillation endoscopique, dans 2 cas, associés en début de traitement à de l'hémisuccinate d'hydrocortisone. Dans un second temps, nous avons procédé à une utilisation des antihelminthiques par augmentation graduelle de leur efficacité pour limiter le risque de lyse parasitaire avec choc toxinique : l'albendazole puis l'ivermectine. Aucun d'entre eux n'est décédé.
 

Conclusion

L'anguillulose maligne est une pathologie grave marquée par un taux de mortalité élevé. Le diagnostic tardif, le risque de lyse parasitaire induite par les antihelminthiques, l'inadaptation de la voie d'administration dans les syndromes occlusifs sont en partie responsables. Nous proposons une stratégie thérapeutique qui a fait preuve d'une excellente efficacité dans notre étude.
 

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