© SNFGE, 2009
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

vendredi 20 mars 2009
Poster


Récidive après traitement chirurgical des gastrinomes : qui, quand, où et pourquoi ?

F Maire (1); A Sauvanet (1); A Couvelard (1); V Rebours (1); MP Vullierme (1); R Lebtahi (2); O Hentic-Dhomé (1); D Leguludec (2); P Hammel (1); P Lévy (1); P Ruszniewski (1);

(1) Clichy-Sur-Seine - FRANCE
(2) Paris - FRANCE


Mots clés :
69 Tumeurs Endocrines

Introduction

Les gastrinomes sont des tumeurs endocrines de localisation duodénale ou pancréatique, sécrétant de la gastrine responsable du syndrome de Zollinger-Ellison. Il a été récemment montré que le traitement chirurgical du gastrinome augmentait la survie des patients, mais les récidives postopératoires sont fréquentes. Une controverse persiste sur le type de chirurgie à recommander, dans les formes sporadiques et dans les formes associées à une NEM I.
But de l'étude : 1) évaluer les récidives biologiques et morphologiques et la survie après exérèse de gastrinome ; 2) identifier les facteurs pronostiques de survie sans récidive.
 

Patients et Méthodes

De 1995 à 2008, 40 patients ont été opérés dans notre centre pour un gastrinome. Les patients avec une tumeur d'emblée métastatique étaient exclus. Vingt six patients ont eu une résection R0 de la tumeur primitive. Ces patients ont été suivis cliniquement, biologiquement (un test à la sécrétine positif définissant la récidive biologique) et par imagerie (scanographie et/ou résonance magnétique, scintigraphie des récepteurs de la somatostatine) tous les 6 mois. Le suivi post-opératoire médian était de 48 mois [1-220].
 

Résultats

Il s'agissait de 18 hommes, 8 femmes, d'âge médian 51 ans [21-68], 6 d'entre eux avaient une NEM I associée. La chirurgie consistait en une duodénotomie avec curage ganglionnaire (n = 9), une duodénopancréatectomie céphalique (n = 8), une pancréatectomie caudale (n = 4), une duodénopancréatectomie totale (n = 3). La tumeur primitive était de localisation duodénale, pancréatique ou mixte dans respectivement 54%, 31% et11% des cas. Il existait un envahissement ganglionnaire dans 65% des cas. Une récidive biologique survenait dans 68% des cas, après un délai médian de 11 mois [2-90]. Une récidive morphologique était notée chez 42% des malades, de localisation ganglionnaire (1/3) ou hépatique (2/3), après un délai médian de 21 mois [4-172]. Tous ces patients ont pu recevoir un 2ème traitement (chirurgie, chimiothérapie ou chimioembolisation intra-artérielle hépatique). Le délai médian entre la récidive biologique et la récidive morphologique était de 25 mois [0-171]. La survie sans récidive à 1 et 5 ans était respectivement de 86% et 51%. La survie globale à 1 et 5 ans était respectivement de 100% et 82%. Les facteurs pronostiques de survie sans récidive étaient la taille >20 mm (P = 0,001) et la localisation pancréatique (P = 0,05) de la lésion primitive.
 

Conclusion

1) la survie après exérèse du gastrinome est excellente même si une récidive survient chez près d'1 malade sur 2 ; 2) 65% des gastrinomes sont d'emblée N+ soulignant l'intérêt du curage ganglionnaire initial ; 3) la récidive biologique doit être recherchée car elle est fréquente (68%), devançant la récidive morphologique de 25 mois en médiane et imposant la reprise d'un traitement par IPP pour prévenir les complications ulcéreuses ; 4) les facteurs pronostiques de survie sans récidive sont la taille et la localisation pancréatique de la tumeur primitive.
 

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