© SNFGE, 2001
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Posters

Mardi 27 mars 2001
Posters
PB43

DESCRIPTION DE LA MOTRICITE DE L'ANSE EFFERENTE APRES GASTRECTOMIE DISTALE TYPE BILLROTH II (G-BII). COMPARAISON ENTRE DES PATIENTS SYMPTOMATIQUES ET ASYMPTOMATIQUES APRES CHIRURGIE

 

(1) I Le Blanc-Louvry, (1) C Helluin, (1) P Denis, (1) P Ducrotté
(1) ADEN EA 1296, Hôpital Charles Nicolle, 76031 Rouen


Mots clés :
12 Dyspepsie
75 Pathologie Fonctionnelle Digestive
77 Estomac

Après gastrectomie distale rétablie par une anastomose gastro-jéjunale (G-BII), la motricité jéjunale, dans l'anse efférente, n'est pas connue chez les patients symptomatiques après la chirurgie. Notre but a été de décrire cette motricité par rapport à celle enregistrée dans le jéjunum de sujets témoins et de comparer la motricité jéjunale proximale des patients symptomatiques après l'intervention (PS) à celle de patients asymptomatiques (PAS).


Méthodes


Neuf patients (3 hommes et 6 femmes, de 64 ± 9 ans) ont été inclus de façon prospective après G-BII pour cancer. L'évaluation fonctionnelle et la manométrie du grêle ont été réalisées 12 ± 5 mois après la chirurgie. Les patients symptomatiques après l'intervention présentaient : vomissements et pesanteur épigastrique (n = 3), diarrhée (n = 1). Le bilan morphologique ne montrait aucune récidive lors du bilan fonctionnel. Les enregistrements avec une sonde à 4 niveaux d'enregistrement espacés de 10 cm ont été pratiqués dans l'anse efférente. La bonne position de la sonde était vérifiée en scopie. La motricité a été recueillie pendant au minimum 3 heures en période interdigestive puis pendant 3 heures après un repas type de 750 Kcal. L'étude de l'effet moteur d'une injection intraveineuse de 100 mg de trimébutine (TMB) était faite à la fin de chaque enregistrement. Les résultats des patients ont été comparés à ceux de 20 volontaires sains non opérés.


Résultats


En période interdigestive, des phases III jéjunales normalement propagées ont été recueillies chez 9/9 patients. Leur fréquence de survenue n'a pas été différente de celle des témoins mais leur vitesse de migration était plus lente (4,4 ± 0,7 vs 8,2 ± 0,6 cm/min, p < 0,01) et leur amplitude plus faible (26 ± 1 vs 34 ± 1 mmHg, p < 0,01). L'activité postprandiale évaluée par la valeur de l'aire sous la courbe n'a pas été différente de celle des témoins (295 ± 166 vs 199 ± 31 mmHg.mn, NS). L'injection de TMB a été suivie d'une phase III chez tous les patients dans un délai comparable à celui des témoins (< 2 min). La vitesse de propagation des phases III induites a été plus rapide que celle des phases III spontanées (12,1 ± 2,1 vs 4,4 ± 0,7 cm/mn, p < 0,05), et non différente celle des témoins. Chez les PS par rapport aux PAS, les phases III étaient plus lentes (3,2 ± 0,5 vs 5,6 ± 0,2 cm/min, p < 0,02) et l'activité post-prandiale a été plus intense (477 ± 202 vs 91 ± 21 mmHg.min, p < 0,05). La réponse à la TMB n'a pas été différente entre les PS et les PAS, et en particulier la vitesse des phases III induites.


Conclusions


L'organisation normale de la motricité intestinale demeure après G-BII, tant chez les PAS que chez le PS. Le geste s'associe essentiellement à des perturbations de la motricité interdigestive (réduction de l'amplitude et de la vitesse de propagation de l'activité propagée cyclique). Ces perturbations, plus marquées chez les PS que les PAS, sont corrigées par l'administration IV de TMB. Par référence aux données de la littérature , la GBII perturbe moins la motricité jéjunale que la gastrectomie distale avec anse en Y.


Gastroentérologie clinique & biologique 2001; 25, HS1, 0399-8320

 

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2001