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Lundi 25 mars 2002
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PA02

EFFETS DE SACCHAROMYCES BOULARDII SUR LA FLORE INTESTINALE DE MALADES EN NUTRITION ENTERALE EXCLUSIVE PROLONGEE

 

(1) S Schneider, (1) J Filippi, (1) X Hébuterne, (1) K Arab, (2) F Girard-Pipau, (3) JL Nano, (3) P Rampal
(1) Gastroentérologie et Nutrition, Hôpital de l'Archet, 06202 Nice
(2) Bactériologie, Hôpital de l'Archet, 06202 Nice
(3) Gastroentérologie et Nutrition, Hôpital de l'Archet, 06202 Nice


Mots clés :
15 Physiopathologie De La Diarrhée
58 Nutriments Et Fonction Intestinale
59 Nutrition Clinique

La majorité des malades en nutrition enterale exclusive (NEE) signale des troubles du transit et il existe des modifications majeures de la flore intestinale avec en particulier une chute du rapport entre les bactéries anaérobies (ANA) et les aéro-anaérobies facultatives (AER). Des travaux récents suggèrent que Saccharomyces boulardii (Sb) pourrait diminuer l'incidence de la diarrhée chez des malades en NEE. Le but de cette étude a été d'évaluer les effets de Sb sur la flore intestinale et la concentrations fécales en acides gras à chaînes courtes (AGCC) de malades en NEE prolongée.


Méthodes


Dix malades en NEE (3F, 7H, 59,2 ± 5,5 ans) depuis au moins un mois (médiane 12 mois : 1-132 mois) et 15 volontaires sains (témoins) (4F, 11H, 31,9 ± 2,0 ans) ont reçu pendant six jours Sb (1g/j per os). Deux selles ont été recueillies avant traitement et lors des deux derniers jours du traitement pour dosage des AGCC fécaux (chromatographie en phase gazeuse) et analyse bactériologique poussée (cultures et identifications d'espèces). Les résultats ont été exprimés en moy ± SEM et les comparaisons ont été réalisées à l'aide des tests de Mann-Whitney et Wilcoxon.


Résultats


Avant traitement, le rapport ANA/AER était effondré chez les malades par rapport aux témoins (26,8 ± 16,3 vs 1058,3 ± 485,1 mmol/kg, p < 0,001). Les concentrations fécales d'acide butyrique étaient plus basses chez les malades (10,1 ± 2,9 mmol/kg) que chez les témoins (19,2 ± 3,9 mmol/kg, p = 0,02). Sous traitement, on observait une augmentation des AGCC totaux chez les malades en NEE (150,2 ± 27,2 vs 107,5 ± 18,2 mmol/kg ; p = 0,02) mais pas chez les témoins (129,0 ± 28,6 vs 113,0 ± 15,2 mmol/kg ; NS), En particulier, chez les malades on notait une augmentation significative de l'acide butyrique (16,0 ± 4,4 vs 10,1 ± 2,9 mmol/kg, p = 0,004) et propionique (26,2 ± 3,8 vs 20,9 ± 3,7 mmol/kg, p = 0,04). Ni chez les malades, ni chez les témoins la flore fécale n'était significativement influencée par le traitement.


Conclusions


L'élévation des concentrations fécales en AGCC (et particulièrement de l'acide butyrique) sous Sb chez les malades en NEE pourrait expliquer au moins en partie son action préventive sur la diarrhée en NEE. Par contre le traitement par Sb a été sans effet sur la flore fécale des malades et des sujets témoins. L'étude de la flore par la technique de l'ARN ribosomal pourrait sensibiliser les mesures.


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

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