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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

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Lundi 25 mars 2002
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PA32

COMPREHENSION ET MEMORISATION DE L'INFORMATION DONNEE AUX PATIENTS (VIGILANTS VERSUS EVITANTS) AVANT UNE ENDOSCOPIE DIGESTIVE HAUTE : APPROCHE PSYCHOMETRIQUE

 

(1) JL Legoux, (1) M Amouretti, (1) P Couzigou, (2) A Constant, (2) A Charles, (3) R Dantzer
(1) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpital du Haut Lévêque, 33604 Pessac
(2) Laboratoire de Psychologie, EA 526, Université Victor Segalen Bordeaux 2, 33000 Bordeaux
(3) INSERM U-394, 33000 Bordeaux


Mots clés :
91 Diagnostique
93 Complications


Buts


Dans une situation aversive, deux stratégies d'ajustement (coping) peuvent être utilisées par rapport à l'information :la vigilance consiste à rechercher activement l'information liée à cette situation même anxiogène, l'évitement consiste à distraire son attention de toute source d'information liée à la situation pour éviter tout stress. Depuis les travaux qui ont suivi ceux de Miller et Mangan , les caractéristiques cognitives des personnalités de ces deux groupes n'avaient pas été étudiées jusqu'à présent par la méthode du biais attentionnel (test de stroop émotionnel, SE), appliquée dans ce travail, qui comporte de plus une évaluation de la mémorisation des termes médicaux utilisés dans une information concernant l'endoscopie digestive haute.


Méthodes


Deux groupes de 10 patients consécutifs, l'un vigilant, l'autre évitant, devant subir une endoscopie digestive haute au cours de leur hospitalisation, ont été sélectionnés par le Monitoring-Blunting Questionnaire de Muris . Ils ont accepté de se soumettre, 24 h au moins avant l'endoscopie, au test de SE (mesure de la rapidité de dénomination de mots anxiogènes) avant et 2 h après la remise d'une information médicale écrite standardisée concernant le déroulement et les complications éventuelles de l'examen (document édité par les sociétés savantes françaises). Ces observations ont été complétées par la mesure d'un score d'anxiété et par un test de mémoire spécifique mesurant la rétention des informations présentées.


Résultats


Les analyses de variances multivariées montrent que les patients vigilants présentent un ralentissement significatif dans la dénomination des mots « anxiogènes » vs les mots neutres (p < 0,05), alors que les évitants ne présentent aucune différence. Les vigilants ont un score d'anxiété significativement plus élevé que celui des évitants avant et après information (p < 0,025), leur niveau d'anxiété diminue discrètement après information (différence non significative), tandis que celui des évitants reste inchangé. La rétention des informations présentées a été médiocre dans les deux groupes : aucun patient n'a retenu les 12 mots testés, 1 seul patient a en a retenu plus de 8, 75 % ont retenu moins de la moitié des mots, 15 % n'en ont retenu aucun.


Conclusions


Cette étude semble montrer une mauvaise mémorisation de l'information présentée et que les patients vigilants sont plus affectés par les mots médicaux anxiogènes que les évitants. D'autres études pourraient permettre d'améliorer l'acquisition des informations médicales en s'adaptant au profil psychologique des sujets.


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

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