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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mardi 26 mars 2002
SFCD
D0009

COLITE ISCHEMIQUE : QUELS MALADES OPERER ?

 

(1) P Jordi-Galais, (1) F Menegaux, (1) JP Chigot, (2) E Kieffer, (3) L Bodin
(1) Service de chirurgie générale digestive et endocrinienne, La Pitié, 75013 Paris
(2) Service de chirurgie vasculaire, La Pitié, 75013 Paris
(3) Département d'anesthésie-réanimation, La Pitié, 75013 Paris


Mots clés :
18 Circulation Splanchnique,Ischémie
106 Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie
98 Côlon - Rectum


But du travail


Définir les indications opératoires des colites ischémiques (CI).


Méthodes


De janvier 1991 à mars 2001, 72 malades ont été pris en charge pour une CI. Il s'agissait de 14 femmes et de 58 hommes d'un âge moyen de 68 ans (26-91 ans). Cinquante-quatre CI (75 %) sont survenues au décours d'un geste chirurgical dans un délai moyen de 6 jours (0-29 jours), dont 41 (76 % des CI postopératoires) après chirurgie de l'aorte. La classification endoscopique de Favier a permis d'évaluer l'atteinte ischémique colorectale. Le stade I (n = 5) est défini par une muqueuse congestive avec des taches pétéchiales, le stade II (n = 30) par des ulcérations muqueuses et le stade III (n = 37) par des plages de nécrose parfois confluentes ou des ulcérations profondes. Tous les malades ont été traités par antibiotiques et alimentation parentérale. Ce traitement a été exclusif chez les 15 malades avec une CI de stades I ou II sans défaillance multiviscérale (DMV). Les 57 malades avec une CI de stade II avec DMV (n = 20) ou de stade III (n = 37) ont été opérés en urgence. L'intervention a consisté en une colectomie sans anastomose, dont l'étendue a varié en fonction des constatations endoscopiques, peropératoires et de la gravité du choc (28 colectomies gauches, 23 colectomies totales et 6 colectomies droites). Une cholécystectomie de principe a également été réalisée.


Résultats


La mortalité hospitalière a été de 47 % (34/72). Aucun malade avec une CI de stade I ou II sans DMV n'est décédé. La présence d'une DMV dans les CI de stade II a aggravé de manière significative le pronostic malgré un traitement chirurgical systématique en urgence puisque la mortalité a été alors de 55 % (11/20) (p = 0,03 par rapport aux stades II sans DMV). Pour les CI de stade III, la mortalité a été de 62 % (23/37) significativement plus élevée si elle était associée à une DMV (77 % vs 20 %) (p = 0,001). La mortalité des CI de stade II avec DMV n'était pas significativement différente de celle des CI de stade III (55 % vs 62 %) (p = 0,6).


Conclusion


La suspicion d'une ischémie colique impose la réalisation d'une endoscopie digestive basse en urgence. Elle permet d'affirmer le diagnostic et de guider le traitement. L'association à une défaillance multiviscérale aggrave le pronostic quel que soit le stade endoscopique de la colite. Les malades avec des lésions coliques ischémiques même réversibles (stade II), mais avec une défaillance multiviscérale, doivent être opérés en urgence, leur pronostic vital étant alors comparable à celui d'une colite ischémique avec nécrose (stade III).


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

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