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CHIMIOTHERAPIE SYSTEMIQUE CHEZ LES MALADES ATTEINTS DE TUMEURS ENDOCRINES DIGESTIVES (TED) : UNE EFFICACITE A REVISER (1) P Ruszniewski, (1) P Hammel, (1) JM Tigaud, (1) F Maire, (1) D O'Toole, (1) P Lévy (1) Fédération Médico-Chirurgicale d'Hépato-Gastroentérologie, 92118 Clichy Mots clés : Le taux de réponses objectives (RO) obtenues après chimiothérapie intraveineuse (CTIV) des TED différenciées duodénopancréatiques (TEP) et du tube digestif (TE « carcinoïdes ») est mal établi. Les résultats des travaux de Moertel et al. (TEP : 69 % de RO ; TE « carcinoïdes » : 33 % de RO) n'ont pas été reproduits. Ainsi, l'association streptozotocine (STZ)-adriamycine (ADR) n'est pas toujours considérée comme une référence pour les TEP, et certaines équipes réfutent l'intérêt de la CTIV par STZ-5 FU dans les TE « carcinoïdes ». But du travailEvaluer les taux de RO obtenus après CTIV des TED dans notre centre au cours des 5 dernières années. Patients et méthodesQuarante-quatre pts (27 F, 17 H, âge médian 58 ans, extrêmes : 31-74) traités par CTIV ont été inclus dans cette étude rétrospective. La lésion primitive était une TEP (n = 25), une TE « carcinoïde » (n = 10) ou autre (rectum, ganglion, inconnue, n = 9). Quarante et un pts avaient initialement des métastases hépatiques, 10 des métastases extra-hépatiques. La tumeur était fonctionnelle chez 20 pts (syndrome carcinoïde, n = 8 ; syndrome de Zollinger-Ellison, n = 8 ; autres, n = 4). L'indication de CTIV était portée en cas de tumeur non résécable, progressive en imagerie et/ou envahissant >50 % du foie. Les TEP étaient traitées par STZ-5 FU (n = 4) ou STZ-ADR (n = 21, dont 14 recevant aussi du 5 FU) selon le schéma de Moertel (cures de 5 j tous les 42 j). Les TE « carcinoïdes » étaient traitées par STZ-5FU, et les TE « autres » par STZ-5FU ou STZ-ADR. Résultatsa) TEP : après 4 (2-9) cures, les taux de RO, réponses mineures (RM), stabilisations (STAB), progressions (PROG) étaient respectivement de 24 % (IC 95 % 7-41), 8 % (0-19), 36 % (17-55), et 32 %(14-50). Cependant, le taux de RO était de 28,6 % (10-47) sous STZ-ADR ± 5 FU, vs 0 % sous STZ-5FU. L'adjonction de 5 FU ne modifiait pas le taux de RO obtenu avec STZ-ADR. La durée médiane des RO, RM et STAB était respectivement de 10,5 (8-27), 10 (8-12) et 12 (4-53) mois ; b) TE « carcinoïdes » : aucune RO ni RM n'était notée ; STAB : 50 % (19-81) durant 29 (10-64) mois ; PROG 50 % (19-81) ; c) TE « autres » : aucune RO ni RM ; STAB : 44 % (12-76) durant 12,5 (9-18) mois ; PROG : 56 % (24-88), indépendamment de l'emploi d'ADR ; d) toxicité : une protéinurie était observée chez 11 % des malades, obligeant à interrompre STZ ; l'un d'eux avait une insuffisance rénale transitoire. Des toxicités hématologique (dont 1 aplasie), digestive et vasculaire (accident ischémique cérébral transitoire) étaient observées chez 2, 1 et 1 malades. ConclusionLorsqu'on applique des critères d'évolutivité tumorale pour poser l'indication d'une CTIV au cours des TED, a) seuls, un quart des pts avec TEP ont une RO, à condition d'utiliser de l'ADR ; b) aucune RO n'est observée après traitement des TE « carcinoïdes » ou « autres ». Ces résultats justifient des travaux comparant la CTIV et les biothérapies (somatostatine, interféron) moins toxiques et susceptibles de stabiliser les TED, et de tester d'autres modalités de CTIV. Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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