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L'ALCOOL ENTRAINE-T-IL UN EXCES DE VITAMINE B12 ? (1) A Laokpessi, (1) JC Desport, (1) PM Preux, (1) A Le Sidaner, (1) F Cessot, (1) N Pichon, (1) M Debette-Gratien, (1) D Sautereau, (1) B Pillegand (1) Service Hépato-Gastroentérologie, CHU Dupuytren, 87042 Limoges Mots clés : But de l'étudeLes carences nutritionnelles, notamment vitaminiques, sont des problèmes fréquents chez les malades alcooliques. On pourrait donc s'attendre à une carence en vitamine B12 (Vit B12) en cas d'intoxication éthylique chronique. Cependant la Vit B12 a un cycle entéro-hépatique et ses taux sériques pourraient se modifier en fonction de l'état du foie. L'objectif de notre étude était d'évaluer le statut en Vit B12 des malades alcooliques. MéthodesDe novembre 1998 à janvier 2001, nous avons suivi prospectivement 342 patients (174 hommes et 168 femmes, d'âge moyen 47,5 ± 5,8 ans) répartis en 3 groupes : un groupe A de 113 patients alcooliques chroniques, un groupe B de 114 patients porteurs d'une maladie du foie ou des voies biliaires mais n'ayant eu aucun passé alcoolique, et un groupe C de 115 patients sans passé alcoolique ni maladie du foie ou des voies biliaires (groupe témoin). Un dosage plasmatique des taux de Vit B12 et des enzymes hépatiques était réalisé chez chaque patient au moment de l'inclusion, puis régulièrement répété pendant 3 mois. L'analyse statistique faisait appel au test du χ2 et à l'analyse des variances. RésultatsLe taux moyen de Vit B12 était de 1 374,2 ± 390, 6 pg/mL dans le groupe A contre 1 085,3 ± 301,8 pg/mL dans le groupe B (p < 0,001) alors que dans le groupe témoin il n'était que de 568,2 ± 187,2 pg/mL (p < 0,001). D'autre part dans le groupe A, plus de la moitié des patients (54 %) avait une Vit B12 supérieure à la normale contre seulement 19 % dans le groupe B (p < 0,001). Aucun patient du groupe témoin (0 %) n'avait une Vit B12 supérieure à la normale (p < 0,001). Tous les patients qui avaient une hypervitaminémie B12 avaient en commun une cholestase. Lorsque la cholestase régressait, on observait parallèlement une baisse de la Vit B12. Cette amélioration était notée chez les malades du groupe B après traitement de la cholestase. Dans le groupe A, l'arrêt de l'intoxication alcoolique permettait également d'obtenir une baisse de la cholestase et de la Vit B12. Cependant, chez les patients au stade de cirrhose sévère ou porteurs d'un carcinome hépato-cellulaire (CHC), la Vit B12 ne diminuait pas lors du sevrage alcoolique. ConclusionDans la population d'alcooliques chroniques il existe une hypervitaminémie B12. La cholestase induite par l'intoxication alcoolique semble être un facteur étiopathogénique important, en perturbant le cycle entéro-hépatique de la Vit B12. Des études plus longues sont nécessaires afin d'évaluer les conséquences à long terme de cette hypervitaminémie B12 chez les alcooliques au stade de cirrhose, notamment sur le plan carcinologique. Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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