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Mercredi 27 mars 2002
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PC50

EFFET D'UNE NUIT DE PRIVATION DE SOMMEIL SUR LA MOTRICITE DUODENO-JEJUNALE ET LA VIDANGE GASTRIQUE CHEZ L'HOMME SAIN

 

(1) S Demirci, (2) AM Leroi, (3) A Verdure, (3) P Denis, (3) P Ducrotté
(1) ADEN EA 3234, Hôpital Charles Nicolle, 76031 Rouen
(2) ADEN 3234, Hôpital Charles Nicolle, 76031 Rouen
(3) ADEN 3234, Hôpital Charles Nicolle, 76031 Rouen


Mots clés :
75 Pathologie Fonctionnelle Digestive
77 Estomac
78 Intestin Grêle

Une perturbation du cycle veille-sommeil, obtenue en privant un sujet de sommeil pendant 24 heures, pourrait induire une modification de la motricité duodéno-jéjunale (DJ) et de la vidange gastrique. La privation de sommeil pourrait, ainsi, être proposée comme un modèle de stress pour des études pharmacologiques ultérieures. Notre objectif a donc été d'étudier les conséquences d'une telle privation de sommeil sur la motricité (DJ) et la vidange gastrique chez le sujet sain.


Sujets et méthodes


L'étude a été menée chez 14 volontaires sains, de sexe masculin, âgés de 23 à 52 ans (médiane : 40). Chaque volontaire a participé à 2 épreuves de 26 heures chacune, effectuées dans un ordre aléatoire. Les épreuves duraient de 16 h 00 à 18 h 00 le lendemain et comportaient une nuit de sommeil dans un cas et une nuit sans sommeil dans l'autre. Un repas de 750 kcal (G : 48 %, L : 34 %, P : 18 %) était servi à 18 h 30 (J1) et à 13 h 00 (J2) alors qu'un petit déjeuner de 250 kcal était donné à  06 h 30 à J2. Chaque épreuve a comporté, pendant toute sa durée, un enregistrement polysomnographique et une manométrie duodénojéjunale (DJ). La sonde DJ, mise en place sous contrôle scopique, comportait 4 voies espacées de 10 cm. Les paramètres moteurs suivants ont été analysés : motricité DJ nocturne (22 h 30-06 h 30), motricité DJ en réponse au petit déjeuner de 06 h 30 et au déjeuner de 13 h 00. Une étude de la vidange gastrique par le test respiratoire à l'acide octanoique, effectuée après le petit déjeuner, a complété les explorations.


Résultats


a) Les enregistrements polysomnographiques ont montré que les sujets avaient respecté les consignes de sommeil ou de privation de sommeil pendant la nuit. b) Pendant la période nocturne, les caractéristiques des phases III (nombre, durée, amplitude, vitesse), l'aire sous la courbe et la durée des complexes moteurs migrants n'ont pas été modifiées par la privation de sommeil. c) Après la nuit de privation de sommeil, une diminution de l'activité motrice en réponse au petit déjeuner (659 vs 1 163 mmHg.min, p < 0,02) et une augmentation du nombre moyen de phases III après le déjeuner (1(0-4) vs 0(0-2), p < 0,02), sans modification des autres caractéristiques, ont été les seules modifications secondaires à la nuit sans sommeil. La vidange gastrique n'a pas été modifiée par la privation de sommeil. Pendant ces 2 périodes post-prandiales, des phases d'hypovigilance ont été observées après la nuit sans sommeil.


Conclusions


La motricité DJ nocturne n'est pas modifiée par la privation de sommeil. Les modifications motrices en réponse aux repas, observées après la nuit sans sommeil, sont probablement secondaires à l'endormissement des sujets en période post-prandiale. La privation de sommeil ne représente donc pas un modèle de stress utilisable pour des études pharmacologiques.


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

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