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Mercredi 27 mars 2002
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PC54

LES ANTIDEPRESSEURS TRICYCLIQUES DIMINUENT, APRES ADMINISTRATION CHRONIQUE, L'ALLODYNIE REFEREE CHEZ LE RAT PRESENTANT UNE COLITE INFLAMMATOIRE AU TNBS

 

(1) F Marchand, (1) S Bourdu, (1) M Millecamps, (1) A Eschalier, (1) D Ardid, (2) M Dapoigny
(1) EMI INSERM/UdA 9904, 63001 Clermont-Ferrand
(2) Service de Gastro-entérologie, CHU, 63000 Clermont-Ferrand


Mots clés :
79 Côlon Et Anorectum
6 Lésions Muqueuses Expéri-Mentales
19 Maladies Inflammatoires Intestinales : Fondamental,Etiologie, Génétique


But


Le but de ce travail a été d'étudier, sur un modèle de douleur viscérale, l'efficacité antinociceptive de trois antidépresseurs (ADs) : deux tricyliques, la clomipramine (à spectre sérotoninergique) et la désipramine (à spectre noradrénergique) et un nouveau produit non tricyclique, la venlafaxine, à spectre mixte. Les effets antinociceptifs (anti-allodyniques et anti-hyperalgiques) et anti-inflammatoires (scores macroscopiques de lésions coliques) ont été évalués après administration aiguë ou chronique, chez des rats présentant une inflammation colique induite par l'acide trinitrobenzène sulfonique (TNBS) chez le rat.


Méthodes


Différents lots de rats présentant une colite inflammatoire, induite par une instillation de TNBS sept jours avant l'expérimentation, reçoivent : (1) pour l'étude aiguë, une injection s.c., soit de sérum physiologique soit d'un des trois ADs (5, 10 et 20 mg/kg) ; (2) pour l'étude chronique, 5 injections s.c. tous les temps de 1/2 vie respectifs chez le rat de chaque AD, soit de sérum physiologique, soit de/clomipramine (5 mg/kg), de désipramine (5 mg/kg) ou de venlafaxine (10 mg/kg). Vingt-cinq minutes après l'injection aiguë ou après la 5e injection chronique, les rats sont soumis au test de Von Frey (application de poils de force croissante au niveau lombaire, jusqu'à l'obtention d'une réaction d'évitement de l'animal au seuil d'allodynie). Puis, les rats sont légèrement anesthésiés (isoflurane) et un ballonnet est implanté dans le côlon. Dix minutes après, un test de distension colorectale (DCR) est réalisé afin de déterminer la pression nécessaire pour obtenir une crampe de l'animal (seuil d'hyperalgésie). Enfin, les animaux sont euthanasiés et leurs côlons prélevés pour une analyse macroscopique des lésions de la muqueuse, induites par le TNBS.


Résultats


Après administration aiguë, aucun des trois ADs, ne modifie de manière significative les seuils d'allodynie, les seuils d'hyperalgésie et les scores macroscopiques de lésions. Après administration chronique, la clomipramine et la désipramine (5 × 5 mg/kg, s.c.) diminuent de manière significative les seuils d'allodynie au test de Von Frey sans modifier les seuils d'hyperalgésie ; elles induisent une diminution non significative des scores macroscopiques de lésions. La venlafaxine (5 × 10 mg/kg, s.c.) n'a eu aucun effet sur les trois paramètres mesurés.


Conclusion


Cette étude montre que les deux ADs tricycliques utilisés, à spectre monoaminergique différent, diminuent l'allodynie induite par le TNBS, sans modifier de manière significative les seuils d'hyperalgésie. En revanche, un nouveau produit non tricyclique s'est révélé inefficace. Cela confirme l'intérêt potentiel des ADs tricycliques dans le traitement de la douleur viscérale chronique et interroge sur leurs mécanismes d'actions.


Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320

 

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