Résumé selectionné |
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INFECTIONS PAR (1) E Touati, (1) V Michel, (2) JM Thiberge, (2) A Labigne, (3) M Huerre, (3) N Wuscher (1) Unité de Programmation Moléculaire et de Toxicologie Génétique, Institut Pasteur, 28 rue du Dr Roux, 75015 Paris (2) Unité de Pathogénie des Muqueuses Bactériennes, Institut Pasteur, 28 rue du Dr Roux, 75015 Paris (3) Unité d'Histotechnologie et Pathologie, Institut Pasteur, 28 rue du Dr Roux, 75015 Paris Mots clés : But du travailDe nombreux arguments illustrent un rôle des infections par la bactérie Helicobacter pylori dans l'incidence des cancers gastriques dans la population. Des facteurs bactériens, de l'hôte ou encore des conditions environmentales telles qu'une alimentation riche en sel seraient à l'origine d'évènements favorisant le développement de lésions précancéreuses. L'objectif de la présente étude est d'évaluer les effets mutagènes sur les cellules gastriques des infections à H. pylori in vivo chez la souris, et d'établir un modèle pour analyser le rôle de divers facteurs de risques, dans ce processus. MéthodePour ce faire, des souris transgéniques C57Bl/6 âgées de 6 semaines, possédant intégré dans leur génome, un gène cible bactérien permettant de mesurer facilement la mutagenèse dans n'importe quel organe, ont été infectées par voie oro-gastrique, par une culture de H. pylori (souche SS1) ou H. felis (souche CS1, beaucoup plus pro-inflammatoire chez la souris). Dans chaque condition analysée, la moitié des souris reçoivent une alimentation riche en sel (NaCl 7,5 %), l'autre moitié des souris ayant une alimentation normale (NaCl 0,75 %). Après 6 mois d'infection les souris sont sacrifiées, leur estomac isolé et séparé en 2 parties identiques : une servant à l'analyse histologique, la seconde à partir de laquelle est préparé l'ADN génomique va permettre la quantification de la mutagenèse. RésultatsL'analyse histologique des estomacs infectés révèle l'induction d'une réaction inflammatoire aussi bien en présence de la souche SS1 que de la souche CS1. Cette infiltration de cellules inflammatoires dans la muqueuse gastrique semble favorisée par l'alimentation riche en sel et paraît plus aiguë dans les infections par H. pylori. La fréquence de mutagenèse mesurée au niveau des estomacs est induite d'un facteur 4,5, lors de l'infection par H. pylori et 1,7 dans le cas de H. felis, comparée aux estomacs non-infectés, indépendamment de la présence de sel dans l'alimentation. L'analyse des événements de mutation induits au cours de l'infection par H. pylori montre qu'ils résulteraient en grande partie de lésions oxydatives à l'ADN. ConclusionsDans nos conditions, l'infection par H. pylori (SS1) entraîne chez la souris un effet mutagène au niveau de la muqueuse gastrique, lié à l'induction de lésions oxydatives à l'ADN. Ainsi, nous disposons là d'un outil permettant d'étudier le rôle des différents facteurs de risque impliqués dans cet effet mutagène, mais aussi le rôle des effecteurs de la réaction inflammatoire dans la génotoxicité induite au cours de cette infection. Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26, HS1, 0399-8320 |
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