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Lundi 31 mars 2003
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PA34

TRAITEMENT PAR MUCOSECTOMIE ENDOSCOPIQUE (ME) DES POLYPES SESSILES ET PLANS DU COLON ET DU RECTUM. UNE ETUDE DE 75 CAS

 

(1) D Coumaros, (1) M Ben Abdelghani, (1) M Doffoel, (2) V Lindner, (2) B Gasser
(1) Service d'Hépato-Gastroentérologie, Hôpitaux Universitaires, Strasbourg
(2) Institut d'Anatomie Pathologique, Faculté de Médecine, Strasbourg


Mots clés :
92 Thérapeutique
93 Complications
98 Côlon - Rectum

La ME représente une avancée thérapeutique importante.


Objectifs


Le but de ce travail était d'évaluer l'efficacité, la morbidité et les suites de la ME pour le traitement des lésions sessiles et planes du côlon et du rectum.


Méthodes


Les données des ME réalisées de 1997 à 2001 avec injection sous-muqueuse de sérum physiologique, ou à l'aide d'un capuchon d'aspiration, ou selon la méthode d'aspirer-couper simplifiée étaient analysées de façon rétrospective.


Résultats


Soixante-quinze ME ont été réalisées chez 68 patients. La taille moyenne des polypes était de 1,7 cm (extrêmes : 0,2-4). Il s'agissait de lésions peu saillantes, dont la hauteur était inférieure au tiers du diamètre (type IIa de la classification des néoplasies superficielles du tube digestif) dans 65 % des cas, de lésions planes ou en nappe (type IIb) dans 28 % des cas, de lésions planes légèrement déprimées (type IIc) dans 7 % des cas. Vingt-huit % des lésions étaient situées au niveau du rectum, 19 % au niveau du côlon gauche, 15 % au niveau du transverse et 38 % au niveau du caeco-ascendant. Soixante-seize % ont été réséquées après injection sous-muqueuse, 16 % à l'aide du capuchon d'aspiration après injection sous-muqueuse et 8 % par aspirer-couper simplifié. Les lésions étaient adénomateuses (57 %), cancéreuses (21 % : dysplasie de haut grade 7 %, Tis 9 %, T1 5 %), dentelées (3 %), hyperplasiques (11 %), hamartomateuses ou inflammatoires (8 %). La résection a été jugée complète sur le plan histologique dans 59 cas (79 %). Trois patients ont eu une résection chirurgicale pour lésions Tis (2 cas) ou T1 (1 cas) alors que les marges de la ME étaient saines. Les pièces opératoires ne contenaient aucun résidu tumoral et les ganglions étaient indemnes. Pour 38 lésions adénomateuses ou carcinomateuses, une première coloscopie de contrôle était réalisée 3 à 6 mois (33 cas) ou 9 à 24 mois (5 cas) après la ME. Avec un suivi endoscopique moyen de 11 mois, 7 récidives (17 %) (5 sur adénomes, 2 sur dysplasies de haut grade) ont été constatées au contrôle effectué entre 3 et 6 mois, et traitées par endoscopie. Six survenaient sur des lésions avec marges atteintes à l'histologie, une sur une lésion à marges saines. L'atteinte des marges de résection constituait le seul facteur prédictif de récidive en analyse univariée (p = 0,001). Les complications consistaient en 8 (11 %) hémorragies immédiates, toutes traitées par injection locale de sérum adrénaliné au 1/10 000, et 3 (4 %) perforations, toutes survenues dans le côlon droit après utilisation du capuchon d'aspiration. Deux ont été traitées chirurgicalement (une suture cœlioscopique, une hémicolectomie droite) et une par pose endoscopique de clips. La mortalité était nulle.


Conclusion


La ME est un traitement efficace, à faible morbidité, des lésions planes recto-coliques. En cas de résection incomplète, un contrôle endoscopique à 3 mois est nécessaire.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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